Lutte contre l’extrémisme: L’Algérie, un modèle régional

L’Algérie, forte de son expérience unique dans la lutte contre l’extrémisme violent, s’impose aujourd’hui comme un acteur clé dans la stabilisation de la région sahélienne, a affirmé ce lundi Dr. Lakhdar Khemissi Bazzaz, secrétaire général de la Ligue des Oulémas, Prêcheurs et Imams des pays du Sahel, lors de son passage dans l’émission « Forum de la Première » sur la radio nationale.
Selon lui, l’Algérie a su développer une approche globale et autonome de la lutte contre le radicalisme, à un moment où le reste du monde peinait à comprendre l’ampleur et la nature de ce phénomène. Cette démarche lui a permis de contrer seule une vague extrémiste qui, ailleurs, déstabilisait des nations entières.
Dr. Bazzaz a souligné que l’Afrique, et particulièrement la région du Sahel, est aujourd’hui en première ligne face à une recrudescence de l’extrémisme, alimentée par l’effondrement de groupes comme Daech et Al-Qaïda au Moyen-Orient. Selon les rapports internationaux, plus de 3 200 victimes du terrorisme ont été recensées en 2024, dont 1 500 au Burkina Faso uniquement, confirmant une tendance inquiétante à la militarisation des groupes extrémistes.
Dans ce contexte, l’Algérie plaide pour des solutions africaines aux problèmes africains. À cet effet, elle a favorisé la création de mécanismes régionaux tels que la structure de coordination CIMOC des états-majors africains, et soutenu la mise en place d’un réseau religieux régional à travers la Ligue des Oulémas et Imams des pays du Sahel. Ces dispositifs visent à renforcer la coordination sécuritaire tout en diffusant une interprétation saine et modérée de l’islam, capable de contrer les discours radicaux.
Dr. Bazzaz a critiqué les approches étrangères, notamment françaises, qui selon lui ont aggravé la situation plutôt que de la résoudre. « L’ingérence extérieure ne peut constituer une solution. L’Afrique doit reprendre en main son destin sécuritaire », a-t-il martelé.
Le rôle des institutions religieuses est déterminant dans la lutte contre l’extrémisme, a affirmé l’intervenant, car la manipulation du discours religieux est souvent le vecteur initial de la radicalisation. À ce titre, il a salué l’ouverture des écoles coraniques et zaouïas algériennes aux élites africaines, et rappelé que la future mosquée d’Alger est appelée à devenir un phare de la pensée religieuse modérée et panafricaine.
Le chef religieux a mis également en garde contre la montée en puissance des groupes terroristes au Sahel, désormais équipés d’armes sophistiquées et disposant de structures quasi militaires. Face à cette évolution, il a insisté sur la nécessité urgente d’unir les forces régionales pour combler les déficits de sécurité nés de l’immensité géographique et de la fragilité socio-économique des États sahéliens.
Enfin, Dr. Bazzaz a alerté sur les motivations économiques réelles de certaines puissances étrangères présentes dans la région, qui profitent de l’instabilité pour piller les ressources naturelles africaines. Selon lui, la solution la plus durable passe par une mobilisation interne et coordonnée des pays du Sahel, en écho aux positions constantes défendues par l’Algérie sur la scène continentale.
« Plus les États du Sahel affirmeront leur souveraineté collective, moins ils dépendront de forces extérieures dont la présence est souvent synonyme de chaos prolongé », a-t-il conclu.
Ch.G

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