Tribunal criminel d’appel: Trois ans de prison pour apologie du terrorisme

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a condamné, lundi, cinq accusés à trois ans de prison ferme pour appartenance à un groupe terroriste et apologie du terrorisme. Un sixième mis en cause, poursuivi pour les mêmes faits a, quant à lui, été acquitté.
L’affaire remonte au mois d’avril 2021. Les services de sécurité spécialisés dans la cybercriminalité avaient alors découvert qu’un groupe de jeunes utilisait les réseaux sociaux pour partager diverses documentations subversives en lien avec des organisations terroristes telles qu’Al-Qaïda et Daech. L’un des suspects était même en contact, via l’application Telegram, avec Mohamed Larbi Zitout, dont il diffusait les discours.
Une enquête a été ouverte, permettant aux enquêteurs de localiser le premier membre du réseau : un certain G. Saïd, actif dans la localité de Bouyacour, daïra de Boutlelis. À la suite de son arrestation, une perquisition a été menée à son domicile. Son téléphone portable a été saisi et analysé. Les investigations ont révélé qu’il avait récemment téléchargé une chanson faisant l’éloge de Daech et l’avait transmise à plusieurs personnes. D’autres fichiers similaires, incluant des discours et contenus de propagande en faveur de groupes terroristes, ont également été retrouvés sur son appareil.
C’est à partir de ces éléments que les autres membres du réseau ont pu être identifiés et arrêtés, tous opérant dans la région de Boutlelis, notamment à Bouyacour et Aïn El Kerma. L’enquête a également établi qu’ils communiquaient régulièrement entre eux. Confrontés aux faits, les prévenus les ont reconnus.
Il convient de noter qu’un des accusés, un certain B. Brahimi Bakhti, avait déjà été cité dans une affaire similaire, mais avait été acquitté.
À la barre du tribunal criminel d’appel, les accusés n’ont pas nié avoir consulté des pages traitant des activités terroristes, ni avoir téléchargé des écrits ou des images. Ils ont toutefois expliqué que cela relevait uniquement de la curiosité. Le président du tribunal leur a alors rétorqué que leur curiosité les avait menés à publier et partager ces contenus, ce qui s’apparente à de la propagande en faveur de groupes terroristes.
L’un des prévenus a tenté de se défendre en affirmant avoir envoyé certains écrits à G. Saïd pour le mettre en garde, mais ces explications n’ont pas convaincu le président, encore moins le Parquet. Lors de son réquisitoire, le procureur a affirmé que les accusations étaient irréfutables et a requis une peine de dix ans de réclusion contre tous les prévenus.
La défense, quant à elle, a plaidé la non-culpabilité de ses clients, estimant les réquisitions excessives. Les avocats ont admis que leurs mandants pouvaient avoir des penchants religieux, mais ont nié toute implication dans un réseau terroriste actif, précisant que tous les contenus retrouvés étaient accessibles librement sur Internet et les réseaux sociaux.
Zemmouri L.

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