Production pharmaceutique en Afrique: Plus d’un tiers des usines sont algériennes

L’Algérie se positionne aujourd’hui parmi les pays leaders en Afrique dans le secteur pharmaceutique, grâce à des avancées notables dans le processus de localisation de la production. C’est ce qu’a affirmé la Dr Khadidja Bouguera, responsable de la gestion de la qualité à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), lors de son passage ce mardi à l’émission « L’invité du matin » sur la Radio nationale.

Selon Dr Bouguera, l’Algérie compte actuellement 218 usines pharmaceutiques, ce qui représente plus du tiers des quelque 600 établissements de production recensés à l’échelle du continent africain. Ce chiffre illustre, selon elle, « un succès significatif » dans le développement des capacités nationales de production pharmaceutique.
Poursuivant les directives du président de la République, la politique de localisation entre aujourd’hui dans une seconde phase stratégique : la production locale des matières premières, notamment sous l’impulsion du groupe public Saïdal. Objectif : réduire la dépendance extérieure et renforcer la souveraineté sanitaire.
Créée en 2020, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques a surmonté ses premières difficultés liées à l’absence de cadre réglementaire. « En 2024, un bond qualitatif a été réalisé avec l’enregistrement de plus de 2 500 médicaments, dont 1 350 autorisations de mise sur le marché (AMM) et 1 100 licences spéciales, soit le double des résultats obtenus en 2023 », a précisé la responsable.
L’agence veille à l’évaluation scientifique et technique rigoureuse des produits, en partenariat étroit avec les laboratoires publics et privés, dans une démarche claire, transparente et structurée.
Par ailleurs, le pays a enregistré plus de 4 000 dispositifs médicaux en 2024, avec une production nationale ayant triplé, atteignant désormais un niveau de stabilité appréciable dans ce secteur également.
Un autre objectif d’envergure se dessine : atteindre le niveau de maturité 3 du système de contrôle pharmaceutique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), reconnu au niveau international. «Seulement 13 pays dans le monde ont franchi ce cap, qui repose sur 62 indicateurs exigeants », a indiqué Dr Bouguera. L’Algérie espère atteindre cet objectif d’ici septembre ou fin 2025, ce qui renforcerait la crédibilité de ses médicaments à l’échelle régionale et internationale.
Grâce aux politiques mises en œuvre, la production locale couvre actuellement près de 79 % des besoins du marché algérien, a souligné Dr Bouguera. Une feuille de route nationale est en cours d’élaboration pour mieux identifier les priorités, en particulier les médicaments sujets à pénurie, afin d’éviter aussi bien les ruptures que les saturations.
La responsable a salué la qualité des médicaments génériques produits localement, affirmant que l’Algérie dispose désormais des compétences scientifiques et techniques nécessaires pour fabriquer des traitements dans toutes les disciplines médicales générales.
Mais, a-t-elle dit, « le grand défi de demain réside dans l’innovation, notamment via les partenariats internationaux ». Le pays ambitionne ainsi de s’orienter vers les médicaments de nouvelle génération, incluant la biotechnologie, l’immunothérapie ou encore la médecine génomique.
Concernant les prix, ceux-ci sont fixés par une commission économique interministérielle après validation du dossier scientifique et de contrôle, en tenant compte du prix des matières premières et du pouvoir d’achat du citoyen.
La pénurie de certains médicaments, quant à elle, est selon l’intervenante, un phénomène mondial, souvent dû au manque de matières premières. Pour y remédier, elle plaide pour une implication accrue de tous les acteurs du secteur, afin de garantir une réponse efficace et locale à ce défi global.
M. Salah

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