Conseil de sécurité : L’Algérie, la voix de Ghaza

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation au Moyen-Orient, l’Algérie a, par la voix de Toufik Laïd Koudri, membre de sa mission permanente auprès des Nations unies, demandé un cessez-le-feu immédiat, complet et durable de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza, ainsi que la levée totale du blocus et l’ouverture des points de passage pour l’acheminement de l’aide humanitaire, tout en exigeant la fin de toutes les formes de déplacement forcé.
M. Koudri a souligné que près de 19 mois de violences brutales et plus de 70 jours de siège total ont plongé Ghaza dans une tragédie humanitaire sans précédent, dénonçant une situation qui « restera une tache morale sur tous ceux qui y participent, y contribuent ou s’en rendent complices par leur silence ».
Il a dressé un tableau alarmant de la situation : « Seule la mort est autorisée à entrer à Ghaza. Les bombes, les balles passent ; le lait, l’eau et les médicaments sont bloqués. Les enfants, dans leur innocence, sont livrés à la faim et au feu du siège. » Il a dénoncé le déni total de l’humanité, dans une scène qui, selon lui, « dépouille le monde de ses valeurs fondamentales ».
Le diplomate algérien a qualifié le blocus imposé à l’entrée des aides humanitaires de “crime organisé de famine”, visant plus de deux millions de personnes. Il a rappelé que 14 personnes âgées sont mortes de faim en une seule semaine et que 57 enfants sont décédés de malnutrition depuis le 2 mars, citant des données d’organisations humanitaires.
Il a également pointé du doigt le contraste cruel entre l’urgence sur le terrain et les milliers de camions bloqués aux frontières : « Plus de 3 000 camions et 116 000 tonnes de vivres attendent une simple autorisation pour entrer dans Ghaza, empêchés uniquement par l’occupant, en violation flagrante du droit international et des ordonnances contraignantes de la Cour internationale de Justice. »
Koudri a par ailleurs critiqué la prétendue solution humanitaire proposée par Israël, qu’il a qualifiée de « plan cynique », loin des principes de neutralité, d’humanité et d’indépendance. Il a dénoncé un projet de gestion des calories pour une population « déjà à bout de souffle », largement rejeté par l’ONU et les ONG.
Face à cette situation dramatique, l’Algérie exhorte le Conseil de sécurité à sortir de son mutisme et à assumer pleinement ses responsabilités. « Il est temps que cette institution écoute le cri de Ghaza, ensevelie sous les décombres, et qu’elle réponde à l’appel de l’humanité », a-t-il plaidé.
R.N

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