Collectivités locales : Les communes diversifient leurs ressources

Face à l’érosion de leurs ressources financières, les communes de la wilaya d’Oran multiplient les initiatives pour compenser le déséquilibre budgétaire. Le défi d’assurer ce difficile équilibre de la trésorerie a incité les collectivités locales à repenser leur modèle financier. Parmi elles, les communes de Sidi Chahmi, Bousfer et Sénia se distinguent par des projets visant à renforcer leurs recettes locatives.

La commune de Sidi Chahmi vient de mettre en location le marché Batimetal, situé à Haï Sabah. Cette opération a généré 6 millions de dinars de recettes, offrant à la municipalité une ressource pérenne pour financer ses services publics. De son côté, l’APC de Bousfer a loué son marché couvert municipal, dégageant un revenu locatif de 8 millions de dinars. Ces deux exemples illustrent une stratégie ciblée : valoriser les infrastructures existantes pour créer des flux de trésorerie réguliers. À Sénia, la municipalité a mis en location cette semaine la place publique Sidi Lakhyar. Cet espace, destiné à accueillir des attractions pour enfants, vise à la fois à dynamiser la vie locale et à générer des revenus complémentaires. Ce projet s’inscrit dans une logique de polyvalence des espaces urbains, combinant utilité sociale et rentabilité économique.
La suppression de la TAP, entérinée en 2023, a privé les communes d’une ressource financière. Pour y répondre, le gouvernement a lancé un projet de loi modifiant le code communal, visant à doter les collectivités locales de mécanismes alternatifs. L’objectif est clair : permettre aux APC de renforcer leur autonomie financière tout en assumant leur rôle socio-économique. Cette réforme encourage notamment la location d’équipements publics, la promotion de partenariats public-privé et l’exploitation de biens communaux. Elle s’accompagne également d’une décentralisation accrue, permettant aux communes de gérer directement une partie de leurs ressources. Pour les experts, la clé réside dans la diversification des sources de revenus : taxation des événements culturels, développement du tourisme local ou valorisation des déchets.
La wilaya d’Oran, avec son tissu économique dynamique, dispose d’atouts pour servir d’incubateur à ces innovations. Les communes oranaises démontrent ainsi une capacité d’adaptation face aux aléas budgétaires. En transformant espaces publics et infrastructures en leviers financiers, elles esquissent un nouveau modèle de gestion locale. Reste à voir si ces mesures, couplées à une réforme structurelle du code communal, suffiront à garantir leur résilience à long terme.
G. Salima

Bouton retour en haut de la page