Cadre urbain: Les trottoirs oubliés d’une ville en quête de modernité

La ville d’Oran souffre d’un mal urbain persistant : l’état désastreux des trottoirs dans de nombreuses zones urbaines. Marcher dans certaines rues d’Oran est devenu, pour de nombreux citoyens, une épreuve quotidienne mêlant obstacles, dangers et frustration.
Si dans certains boulevards, notamment les plus emblématiques, à l’image du boulevard de la Soummam, les trottoirs sont bien aménagés et ne souffrent d’aucun reproche, en revanche, dans de nombreux autres quartiers, ils sont dans un état alarmant. Fissurés, défoncés, encombrés de kiosques improvisés ou envahis par des poubelles, ils ne remplissent plus leur fonction première : permettre une circulation sûre et fluide des piétons. Dans de nombreux quartiers, ils sont inexistants ou réduits à des bandes étroites impraticables pour les personnes âgées, les parents avec poussettes ou les personnes à mobilité réduite.
Le problème n’est pas seulement esthétique, il s’agit aussi de la sécurité des piétons qui sont souvent contraints de marcher sur la chaussée, s’exposant à un risque constant d’accident. Ce problème est le résultat d’un urbanisme mal pensé par certaines municipalités. Ce délabrement s’explique par plusieurs facteurs. Il s’agit d’abord d’un manque de planification urbaine cohérente : chaque quartier semble avoir ses propres règles, sans vision globale. Il y a aussi l’absence de normes standardisées : les matériaux, les dimensions et hauteurs des trottoirs qui varient d’une rue à l’autre. De plus, l’entretien est insuffisant. Peu de trottoirs sont rénovés ou réparés de manière régulière. Il faut ajouter à cela, l’occupation anarchique de l’espace public : les commerces, vendeurs ambulants et véhicules prennent souvent possession des trottoirs.
Pour améliorer la situation, une refonte complète de la gestion de l’espace piéton est nécessaire. Les urbanistes travaillant au sein des APC sont appelés à adopter les normes internationales en suivant les standards en matière de largeur minimale, de pente, d’accessibilité pour les personnes handicapées, et de matériaux durables. Cela passe inévitablement par la création d’un plan dédié aux trottoirs permettant de mettre en œuvre une stratégie unifiée à l’échelle de la wilaya pour réaménager l’ensemble des trottoirs selon un cahier des charges clair.
L’autre volet consiste en l’application stricte de l’interdiction du stationnement sur les trottoirs avec sanctions systématiques pour les contrevenants, pour rendre l’espace aux piétons. D’autres solutions consistent aussi en la modernisation et l’entretien régulier en assurant une maintenance continue et rapide pour éviter la dégradation progressive. L’implication des citoyens est primordiale. Les APC doivent encourager les habitants à signaler les défaillances via des plateformes numériques ou des applications mobiles. Améliorer les trottoirs à Oran, c’est rendre la ville plus humaine, plus sûre, plus accessible, et plus conforme aux standards d’une métropole moderne. C’est aussi redonner sa place au piéton, souvent relégué au second plan dans les politiques urbaines des APC. Il est temps que la ville d’Oran fasse de ses trottoirs une priorité, non pas un détail.
G. Salima
