Face aux violations du droit humanitaire à Ghaza: L’Algérie exige une action immédiate

Lors d’un débat public annuel du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à la protection des civils en période de conflit armé, l’Algérie a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour mettre fin aux violations massives du droit international humanitaire dans la bande de Ghaza. Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, a exhorté les membres du Conseil à agir sans délai, dénonçant une situation devenue « insoutenable ».
« Cette politique du deux poids, deux mesures n’a plus de place. Personne n’est au-dessus de la loi », a martelé le diplomate algérien, soulignant l’urgence d’une réaction concrète face à l’ampleur des crimes commis contre les civils palestiniens.
L’ambassadeur Bendjama a annoncé que l’Algérie, avec le soutien du Groupe arabe, préparait un projet de résolution portant sur la situation humanitaire à Ghaza. Ce texte visera à garantir l’accès et la distribution de l’aide humanitaire sur l’ensemble du territoire gazaoui.
« Nous comptons sur l’appui de tous et sur un esprit de compromis. Le langage que nous proposerons vise à unir, non seulement les membres du Conseil, mais toute l’humanité », a déclaré M. Bendjama.
Citant des données alarmantes, le représentant algérien a rappelé que plus de 36 000 civils ont été tués dans 14 conflits armés en 2024, dont la majorité à Ghaza, devenue selon lui « l’épicentre des violations du droit humanitaire international ». Il a dénoncé la destruction systématique des infrastructures civiles (près de 70 % des structures endommagées) ; le déplacement forcé de 90 % de la population (environ deux millions de personnes) ; l’utilisation de la famine comme arme de guerre (86 % de la population confrontée à une insécurité alimentaire extrême) ; l’anéantissement de la neutralité médicale (300 attaques contre des structures sanitaires, dont 20 hôpitaux sur 36 désormais hors service) ; la destruction du système éducatif (12 000 élèves et 500 enseignants tués, 88 % des établissements endommagés) ; les attaques ciblées contre les journalistes (plus de 200 tués, entrave aux médias internationaux) ainsi que l’assassinat massif de travailleurs humanitaires (plus de 200 des 360 humanitaires tués en 2024 l’ont été à Ghaza).
Amar Bendjama a souligné que ces crimes ne résultaient pas d’un vide juridique, mais d’un manque de volonté politique à faire respecter les règles existantes. « Le droit humanitaire international n’est pas négociable. C’est le dernier rempart qui protège les innocents des horreurs de la guerre. Nous devons le faire respecter pour les victimes, pour l’humanité », a-t-il insisté.
Ch.G
