Elle a ébouillanté la nièce de son mari : 15 ans de réclusion pour une quadragénaire

M.K., 46 ans, a comparu en fin de semaine devant le tribunal criminel d’Oran pour tentative d’assassinat sur la nièce de son mari, K.S.T., âgée de 19 ans. Après délibérations, elle a été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle.
Les faits remontent au 21 juin 2024, dans la localité de Sénia, lorsque la jeune fille a été admise en urgence à l’hôpital spécialisé des brûlés dans un état très grave. Elle présentait en effet des brûlures sévères sur différentes parties du corps, notamment au niveau de la tête. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces brûlures ont été causées par de l’eau bouillante versée par la mise en cause alors que la victime dormait.
Alerté par sa fille aînée, qui criait que sa sœur avait été gravement brûlée dans son sommeil, le père de la victime, K. Dj., a saisi les services de la police et déposé plainte.
La victime, interrogée à l’hôpital, n’a pas pu donner de précisions sur les circonstances de l’agression. Elle a simplement expliqué qu’elle dormait et n’avait vu personne entrer. L’agression s’est produite dans une maison familiale de deux étages, où vivent trois frères avec leurs familles. La victime réside au rez-de-chaussée avec ses parents.
Entendue par les enquêteurs, M.K. a initialement reconnu les faits, expliquant qu’elle visait en réalité la mère de la victime, sa belle-sœur, avec laquelle elle était en conflit depuis longtemps. Elle a précisé avoir fait bouillir de l’eau, puis s’être rendue en pleine nuit dans la maison de sa belle-sœur pour accomplir son acte. Mais ce soir-là, la mère n’était pas chez elle, et sa fille dormait seule dans sa chambre.
Les deux filles de la mise en cause ont également été entendues. Elles ont affirmé ne pas comprendre ce drame, ni avoir eu de différends avec leur cousine ou ses parents. L’une d’elles a indiqué avoir dîné avec la victime le soir des faits, avant de rentrer chez elle.
Lors de l’instruction, M.K. est revenue sur ses aveux et a nié toutes les accusations. Elle a déclaré : «J’ai reconnu les faits car les policiers m’ont dit que mes filles allaient être accusées. Par peur, j’ai endossé la responsabilité de cet acte pour les protéger».
Ses filles, de leur côté, ont déclaré que c’est la seconde épouse de leur oncle, habitant au deuxième étage, qui les a informées de l’agression.
A la barre du tribunal, l’accusée a persisté dans ses dénégations, tout en reconnaissant éprouver de la rancune envers la mère de la victime. Elle a cependant affirmé aimer la jeune fille «comme l’une de ses propres filles». Elle a également évoqué des troubles psychiques et un traitement médical suivi durant une année. Toutefois, son médecin traitant a précisé que la prise en charge avait pris fin en 2023, et que les troubles en question ne lui causaient aucun handicap mental, ni altération de ses facultés mentales.
Appelée à la barre, la victime a témoigné en détail de son calvaire. «Personne ne peut comprendre les douleurs que je ressens encore aujourd’hui. Je suis toujours sous traitement, et j’ignore si ces cicatrices disparaîtront un jour», a-t-elle déclaré.
L’avocat de la partie civile a souligné l’ampleur des souffrances physiques et psychologiques endurées par la victime, parlant d’un traumatisme profond toujours présent.
Le représentant du ministère public a requis la perpétuité à l’encontre de l’accusée. La défense, pour sa part, a plaidé la non-culpabilité, estimant qu’aucune preuve tangible ne permettait d’incriminer sa cliente de manière certaine.
Zemmouri L.

 

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