Deux morts dans un conteneur en direction de l’Espagne: Le patron d’entreprise condamné à trois ans en appel

Accusé dans une affaire d’homicide volontaire, Y. Mohamed a été condamné par le tribunal criminel d’appel à trois ans de prison ferme. En première instance, il avait écopé de cinq ans de prison.
L’entrée de l’accusé dans la salle d’audience sur une chaise roulante, a provoqué une vive réaction de l’un de ses avocats. «Comment ose-t-on juger une personne frappée d’un lourd handicap, incapable de répondre ou de se défendre ?» Une intervention qui n’a pas laissé indifférent le représentant du parquet, qui a rappelé que l’accusé était en possession de ses facultés mentales au moment des faits.
Le climat s’est tendu dans la salle, nécessitant l’intervention du président de l’audience et d’autres avocats pour calmer les esprits et permettre le démarrage du procès.
Tout au long de l’audience, l’accusé est resté prostré, semblant inconscient de ce qui se passait autour de lui.
Les faits remontent au 2 décembre 2022. À cette date, Y. Mohamed, propriétaire d’une société d’import-export, aurait tenté de faire passer clandestinement trois membres d’une même famille vers l’Espagne, à la demande du père. Il leur aurait permis de prendre place dans l’un de ses conteneurs, destiné à l’exportation, lequel contenait une cargaison de caroubes.
Ce voyage clandestin, censé être sécurisé par un contact en Espagne -un certain Brahim, ressortissant marocain établi sur place- s’est transformé en drame. Deux des passagers, dont un mineur, sont décédés par suffocation. Selon l’enquête, un employé de l’accusé aurait placé dans le conteneur trois plaquettes d’un produit chimique destiné à préserver la marchandise. En l’absence de ventilation, ce produit a provoqué la mort des deux passagers.
Devant le tribunal criminel d’appel, l’accusé n’a pas été en mesure de participer aux débats, en raison de son état mental. Néanmoins, le parquet a insisté sur le fait que l’accusé était pleinement conscient et responsable de ses actes au moment des faits. «Cet acte était délibéré. Il savait ce qu’il faisait. Il mérite la peine de mort», a-t-il dit. Toutefois, il a requis 20 ans de réclusion. De son côté, la défense a mis en avant l’état de santé mentale de son client, s’appuyant sur trois expertises psychiatriques concluant à des troubles mentaux.
Zemmouri L.

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