Kagame reçu par Tebboune : L’axe Alger-Kigali au service de l’Afrique
A l’invitation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le président de la République du Rwanda, Paul Kagame, a entamé, depuis hier, une visite officielle de deux jours en Algérie. Ce dernier a été accueilli, à l’aéroport international Houari-Boumediene (Alger), par le Président Tebboune, en présence de hauts responsables de l’Etat et de membres du gouvernement. Les deux chefs d’Etat se sont ensuite entretenus, au siège de la Présidence de la République, avant de superviser la cérémonie de signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente couvrant divers domaines de coopération entre les deux Etats.
Ces mémorandums d’entente et accords de coopération concernent les secteurs des télécommunications, de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de la communication numérique, de la promotion de l’investissement, de l’industrie pharmaceutique, de la formation professionnelle et de la communication. Les accords couvrent également les domaines de l’agriculture et de l’élevage, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, du développement technologique et de l’innovation, ainsi que les services de transport aérien, la coopération judiciaire et policière, et l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.
A travers cette visite, les deux pays consolident une relation diplomatique forgée dans l’histoire, la solidarité et l’engagement commun en faveur des causes africaines. À travers des échanges réguliers et une volonté partagée de renforcer leur coopération, ils s’affirment comme des partenaires stratégiques sur la scène continentale.
Cette visite officielle incarne justement cette dynamique ascendante. Elle vise à approfondir les concertations politiques sur les grands enjeux africains, régionaux et internationaux, et à élargir le spectre de la coopération bilatérale.
L’intensification des relations entre Alger et Kigali s’est manifestée notamment par l’ouverture de l’ambassade d’Algérie au Rwanda en 2021, une décision stratégique du président Tebboune. Depuis, les visites et échanges de haut niveau se sont multipliés.
Entente et accords
À Nouakchott en décembre dernier, les deux chefs d’État se sont rencontrés en marge d’une conférence panafricaine, poursuivant ainsi leur dialogue sur l’éducation, la jeunesse et l’emploi.
Dans un geste fort de solidarité, le président Tebboune avait également adressé un message au peuple rwandais à l’occasion du 30e anniversaire du génocide de 1994. Une commémoration à laquelle le ministre Ahmed Attaf avait pris part en tant que représentant personnel du chef de l’État.
Les relations algéro-rwandaises se déploient aussi sur le terrain militaire. Le Général d’Armée Saïd Chanegriha, Chef d’État-major de l’Armée nationale populaire, s’est rendu à Kigali en février 2024. Il y a souligné la nécessité d’une coordination renforcée face aux défis sécuritaires africains, notamment le terrorisme et le crime transfrontalier. Deux mois plus tard, le Général rwandais Mubarakh Muganga a effectué une visite à Alger, marquant une étape supplémentaire dans la mise en place d’un partenariat sécuritaire durable. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à mutualiser leurs efforts dans la lutte contre les menaces communes et à promouvoir une paix durable sur le continent.
Au-delà de la défense, l’Algérie et le Rwanda partagent une vision commune pour l’avenir du continent, axée sur la justice, le développement, la souveraineté des peuples et la sécurité collective. Leur coordination dans les forums internationaux en faveur des causes africaines est constante, et leur soutien au droit des peuples à l’autodétermination sans faille.
Les relations parlementaires reflètent également cette volonté de rapprochement. L’installation du groupe d’amitié parlementaire algéro-rwandaise, en mars 2023, constitue un pas important vers une coopération institutionnelle plus approfondie, facilitant les échanges d’idées et d’expertises.
Désireux de donner un nouveau souffle à leur partenariat économique, les deux pays s’emploient à promouvoir les investissements bilatéraux et à explorer de nouvelles opportunités dans des secteurs variés : énergie, agriculture, industries, infrastructures ou encore numérique. Le potentiel est réel, et la complémentarité entre les deux économies, évidente.
Synthèse Ch.G
