Une visite qualifiée de stratégique: Kagame quitte Alger

Le président de la République du Rwanda, Paul Kagame, a quitté, hier, Alger à l’issue d’une visite officielle de deux jours. Il a été salué à son départ à l’aéroport international Houari Boumediene par le Premier ministre, Nadir Larbaoui ainsi que d’autres ministres.
Cette visite a suscité une lecture stratégique forte de la part de nombreux observateurs. Pour le professeur Hakim Boughrara, spécialiste en relations internationales, cet événement marque une étape décisive dans l’approfondissement de la politique africaine de l’Algérie.
Lors de l’émission « L’Invité de l’Internationale » sur Radio Algérie Internationale, M. Boughrara a salué une rencontre « hautement symbolique », entre deux pays qui partagent des visions communes sur de nombreux dossiers régionaux et internationaux. À ses yeux, la mise en avant des enjeux économiques dans la déclaration conjointe des deux chefs d’État témoigne d’une évolution profonde de la diplomatie algérienne.
« Aujourd’hui, c’est l’économie qui façonne la diplomatie et renforce la souveraineté politique », a-t-il affirmé, en soulignant que le Rwanda, modèle de développement post-conflit, affiche des performances remarquables avec un taux de croissance supérieur à 8 % et un PIB passé de 2,5 à plus de 20 milliards de dollars en trois décennies.
Le professeur a également mis en lumière l’ambition du Rwanda, qui a misé sur le capital humain, les nouvelles technologies, la lutte contre la corruption et l’ouverture linguistique avec l’anglais, pour se hisser au rang des économies émergentes du continent.
Pour l’Algérie, cette visite a été l’occasion de sceller plusieurs accords structurants, notamment dans les domaines des TIC, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de l’agriculture ou encore de l’industrie pharmaceutique. Autant de leviers pour une percée plus large sur les marchés africains.
Enfin, Boughrara a rappelé que l’Algérie, fidèle à ses principes panafricains, défend des solutions africaines aux défis africains, dans le respect de la souveraineté des États. La convergence des positions algérienne et rwandaise sur des questions sensibles comme le Sahara occidental ou la Palestine, affirme-t-il, conforte la stature de l’Algérie comme acteur incontournable sur la scène continentale.
T. Feriel

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