Caravane Somoud pour Ghaza : Des Algériens expulsés d’Egypte

Dans un acte révélateur de sa soumission aux intérêts sionistes, le régime du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a arbitrairement arrêté trois avocats algériens à l’aéroport du Caire mercredi 11 juin. Leur crime ? Avoir participé à la caravane Soumoud, une initiative citoyenne mobilisant des milliers de Tunisiens et d’Algériens visant à franchir le poste-frontière de Rafah pour briser le blocus de Ghaza. Si une libération partielle a eu lieu jeudi, les avocats Samir Mostefaoui, Mohamed Atef Briki et Abbas Abdenour restent détenus en vue d’une expulsion, réprimés pour leur humanité.

Les faits, rapportés par l’avocate algérienne Fatiha Rouibi, sont accablants : les passeports et téléphones des avocats ont été saisis et confisqués sans base légale, violant le droit à la libre circulation et à la dignité. Ils ont subi un déni de leurs droits les plus élémentaires, bien qu’ils disposaient de visas valides. Ces arrestations s’inscrivent dans une vague de répression contre les militants pro-palestiniens, incluant l’expulsion de militants arrivés pour la Marche mondiale vers Ghaza. Cette initiative, partie de Tunis le 9 juin, rassemble plus de 1 000 citoyens maghrébins (syndicalistes, médecins, artistes) dans 300 véhicules chargés d’aide humanitaire. Son but : forcer symboliquement le passage à Rafah pour soulager Ghaza, où 54 000 Palestiniens ont été tués par l’armée sioniste depuis octobre 2023.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a publiquement exigé que l’Égypte empêche l’entrée de ces militants pacifistes et humanistes. Alors qu’une plainte demande un référendum égyptien sur le traité de paix avec Israël (jugé illégitime face au génocide), le régime préfère réprimer ceux qui incarnent la conscience palestinienne. Ces faits gravissimes dénotent la complicité d’un président à la solde des sionistes. Ces arrestations ne sont pas isolées et révèlent une logique politique de sous-traitance. L’Égypte sert de garde-frontière pour l’entité sioniste, verrouillant Rafah tout en bloquant les convois civils. Alors que Le Caire dénonce verbalement le blocus, il collabore à son maintien en criminalisant la solidarité. Les avocats algériens, même expulsés, ont déjà gagné : leur arrestation ainsi que celles des autres nationalités expose au monde la tyrannie d’un régime qui préfère servir ses maîtres plutôt que la cause palestinienne juste.
L’avancée de la caravane Soumoud est aussi menacée par le maréchal Khalifa Haftar, maître de l’Est libyen. Après un accueil chaleureux à Tripoli où la foule les a acclamés sur la place des Martyrs, les convois humanitaires ont été bloqués, hier, aux abords de Syrte, dans la zone contrôlée par ce seigneur de guerre notoire pro-sioniste. Un stratagème qui s’aligne sur la complicité d’al-Sissi dans l’étouffement de toute solidarité avec Ghaza. Le maréchal Haftar, dont les milices patrouillent dans l’Est libyen, agit en relais zélé de cette injonction.
Face à ces blocages, la caravane Soumoud incarne une lueur d’espoir. Elle unit dans un même élan Tunisiens, Algériens, Mauritaniens et Libyens de l’Ouest. Le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah a salué cet élan comme « un exemple de l’engagement généreux du peuple libyen ». Dans les rues de Tripoli, des habitants ont offert du carburant gratuit aux véhicules, geste poignant face à l’avidité des régimes complices. Des centaines de bus ont traversé un vaste territoire de la Libye sous les vivats des populations locales.
G. Salima

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