Transition économique : La nouvelle carte de l’investissement

L’Algérie poursuit sa transformation économique à grande vitesse. Invité ce dimanche à la Chaîne 2 de la Radio nationale, le professeur d’économie Houari Tigressi a dressé un état des lieux optimiste et ambitieux du climat d’investissement dans le pays, tout en exposant les priorités du nouveau modèle économique.

Grâce à une série de réformes législatives, l’Agence nationale de promotion de l’investissement enregistre des résultats prometteurs. Le nouveau cadre juridique, plus transparent et attractif, oriente désormais les flux d’investissement vers des secteurs stratégiques comme l’agriculture, qui représente plus de 17,5 % des projets déclarés.
Cette dynamique s’inscrit dans une logique de sécurité alimentaire, soutenue par des investissements publics, une politique d’infrastructures ciblée et un accompagnement actif des opérateurs économiques.
La transition énergétique est un autre pilier de la nouvelle stratégie. Pas moins de 7 milliards de dinars ont été injectés dans les énergies renouvelables, tandis que l’Algérie ambitionne de porter la valorisation de ses dérivés pétroliers à 50 %. L’industrie pharmaceutique suit également cette trajectoire ascendante, couvrant près de 70 % des besoins nationaux et s’ouvrant à des partenariats internationaux structurants.
Le secteur minier n’est pas en reste, à l’image du projet de Gara Djebilet, en partenariat avec plusieurs pays, qui amorcera ses exportations dès 2026. Cette dynamique est accompagnée par un développement massif des infrastructures, dont le réseau ferroviaire, passé de 4 500 à 15 000 km.
Pour Dr. Tigressi, l’avenir repose également sur l’économie de la connaissance, avec un soutien accru aux start-up, vecteurs d’innovation et de solutions concrètes. Il appelle à une ouverture vers des secteurs comme le tourisme et la pêche, qui pourraient devenir des moteurs essentiels du développement.
L’expert a aussi insisté sur la nécessité de diversifier l’économie en s’appuyant sur les industries de transformation, citant l’exemple frappant de la valeur ajoutée du minerai après traitement : « Ce qui se vend brut à 136 dollars la tonne peut valoir des milliers après transformation ».
Avec plus de 15 000 projets enregistrés, la nouvelle stratégie nationale mise sur un rééquilibrage régional, en misant sur le rôle des collectivités locales dans la création de zones spécialisées. La lutte contre les pratiques bureaucratiques se concrétise par la réactivation du guichet unique, désormais au cœur de la stratégie de simplification administrative.
Les terrains non exploités seront récupérés pour être confiés à des investisseurs crédibles, en cohérence avec les orientations du président de la République.
En conclusion, Dr. Tigressi plaide pour la mise en place d’une carte nationale de l’investissement, secteur par secteur, afin de garantir une coordination optimale entre les ministères et d’assurer une transition économique durable. Il a également souligné le retard dans l’industrie agroalimentaire, qui ne représente que 10 % de l’activité industrielle, contre 90 % dans les pays développés, appelant à faire des industries de transformation le fer de lance de la croissance à venir.
Ch.G

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