Emigration clandestine, blanchiment d’argent… : 10 et 12 ans de réclusion pour des passeurs
Le tribunal criminel d’Oran a condamné récemment sept mis en cause à 10 et 12 ans de réclusion pour émigration clandestine, blanchiment d’argent et trafic de stupéfiants.
Les faits de cette affaire remontent au 25 août 2023 lorsque des éléments de la brigade de la gendarmerie d’Aïn El-Kerma, daïra de Boutlélis, interceptent un Renault Kangoo avec cinq passagers à bord. Lors du contrôle, le chauffeur, B. Saddam Hocine expliquera que la veille, il avait reçu un appel d’un certain Rachid lui demandant de transporter quatre personnes à la plage de Madagh où les attend un dénommé Amine. Celui-ci possède une embarcation pneumatique aménagée pour les traversées clandestines et devait les aider à rallier l’Espagne.
Par ailleurs, l’analyse du téléphone du chauffeur a permis aux gendarmes de trouver des messages vocaux où il est question de trafic de psychotropes et du transport de ressortissants marocains et tunisiens vers l’Espagne. Ces mêmes messages ont démontré que le mis en cause était en contact direct avec des étrangers résidants en Espagne, qui devaient prendre en charge les harraga à leur arrivée.
Une vingtaine de personnes seront interpellées par les gendarmes. Parmi elle, M.A. Mohamed Amine qui a déclaré qu’après avoir appris l’existence d’une opération d’émigration clandestine, il est entré en contact avec les organisateurs, négociant le prix du voyage à 65 millions de centimes. Il a ajouté que Hocine devait les transporter vers Madagh depuis Boutlélis en compagnie de deux autres personnes : D. Allal., et D. Zineddine. «A Madagh, nous avons trouvé une vingtaine de personnes qui attendait ainsi que le dénommé Amine «ould ediwani». Ce dernier a sorti de son véhicule une embarcation pneumatique et a commencé à la préparer pour ce voyage. Il devait choisir les personnes devant prendre part à ce voyage. Les autres devaient attendre une autre opération de ce genre».
A la barre du tribunal criminel, les mis en cause reviendront sur leurs déclarations, chacun niant les accusations retenues contre lui en tentant de charger les autres.
Le procureur a requis contre eux 15 ans de réclusion criminelle tandis que les avocats plaideront les circonstances atténuantes en affirmant que les accusés sont des harraga et non pas des organisateurs.
Zemmouri L.
