Trois sites nucléaires attaqués : Les États-Unis entrent en guerre contre l’Iran

Dans une escalade historique et une démonstration de force unilatérale, les États-Unis ont lancé, dans la nuit de samedi à dimanche, des frappes aériennes massives contre trois sites nucléaires iraniens : Fordow, Natanz et Ispahan.
Selon les déclarations du président américain Donald Trump, six bombes anti-bunker ont visé le site souterrain de Fordow, tandis que 30 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés sur les deux autres installations. Des bombardiers furtifs B-2 ont également été mobilisés pour cette opération.
Mission accomplie ? Netanyahu applaudit
S’exprimant peu après l’assaut, Trump a salué ce qu’il revendique comme un « succès militaire spectaculaire », affirmant que les installations nucléaires iraniennes avaient été « totalement et complètement anéanties ». Il a présenté l’Iran comme confronté à un ultimatum brutal : « la paix ou la tragédie », tout en brandissant la menace de nouvelles frappes.
Cette rhétorique martiale rappelle tristement les heures sombres de l’invasion de l’Irak en 2003, lorsque l’administration Bush avait proclamé « Mission accomplished », ouvrant en réalité la voie à deux décennies de chaos.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, s’est empressé d’applaudir l’attaque, la qualifiant de « courageuse ». Selon lui, « d’abord vient la force, ensuite la paix ». Une formule révélatrice d’une doctrine qui privilégie la domination militaire au détriment du dialogue. Netanyahu est allé jusqu’à affirmer que l’Histoire retiendra Trump comme l’homme qui a empêché l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire — comme si l’Histoire n’avait déjà pas assez de guerres injustifiées à son actif.
Téhéran défie l’agression
De son côté, l’Iran a confirmé les frappes tout en minimisant leur portée. Les autorités ont indiqué que les matériaux sensibles du site de Fordow avaient été transférés avant l’attaque, réduisant son impact stratégique. L’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a dénoncé un « acte barbare », mais a assuré que le programme nucléaire civil du pays ne serait pas interrompu. « Nous ne permettrons pas que le développement de cette industrie nationale soit brisé par des agressions extérieures », a-t-elle déclaré.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé hier qu’aucune hausse de radioactivité n’avait été enregistrée, mettant à mal les discours alarmistes diffusés dans les médias occidentaux. Sur le plan diplomatique, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a condamné les frappes comme une grave violation du droit international, avertissant qu’elles entraîneraient « des répercussions durables ». L’Iran, a-t-il insisté, se réserve toutes les options pour défendre sa souveraineté.
La riposte ne tarde pas
Quelques heures après cette agression, l’Iran a riposté en lançant 35 missiles contre plusieurs cibles israéliennes à Tel-Aviv, Haïfa et Beersheba. Selon le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), l’aéroport Ben Gourion ainsi que des installations militaires ont été ciblés. Les médias israéliens ont rapporté des destructions majeures et au moins seize blessés, alors que des quartiers entiers ont été touchés, notamment à Haïfa, Ness Ziona et Rehovot.
Dans le Grand Tel-Aviv, des quartiers résidentiels ont été directement impactés. L’Autorité de radiodiffusion israélienne a fait état de bâtiments détruits sur la côte, à la suite d’impacts directs ou de débris de missiles interceptés.À Jérusalem, l’agence Anadolu a rapporté de violentes secousses.
La chaîne israélienne 12 a signalé un « événement inhabituel » à Haïfa, où aucune alerte ne s’est déclenchée malgré les explosions.
Diplomatie piétinée, droit bafoué
Pour Téhéran, ces représailles relèvent du droit à l’autodéfense, garanti par la Charte des Nations unies. Abbas Araghchi a affirmé que les États-Unis avaient « trahi la diplomatie » en s’alignant aveuglément sur les objectifs de guerre israéliens, franchissant ainsi une « ligne rouge majeure ». Dans ce climat de plus en plus tendu, l’Iran a officiellement demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité pour que Washington réponde de ses actes.
Les Gardiens de la Révolution ont, quant à eux, promis des « ripostes regrettables », avertissant que la réponse iranienne serait à la hauteur de l’agression subie. Tandis que l’espace aérien israélien reste perturbé, le climat régional s’envenime.
Le chaos s’annonce
Alors que Washington et Tel Aviv se congratulent, leur triomphalisme résonne étrangement avec les erreurs du passé. L’invasion de l’Irak en 2003, menée sous les mêmes faux prétextes d’armes de destruction massive, avait également été présentée comme une victoire éclair.
Les résultats en furent désastreux : un pays détruit, une région déstabilisée, et des millions de vies brisées. L’histoire semble se répéter, avec la même arrogance et le même mépris occidental.
En renouant avec logique de confrontation brutale, les États-Unis et Israël rejettent tout cadre multilatéral, sapant tous fondements du droit international.
L’Iran, pour sa part, réaffirme son attachement à sa souveraineté et à la résistance. Dans un climat où la diplomatie est piétinée par la force, Téhéran appelle la communauté internationale à ne pas se soumettre aux logiques impérialistes. Car la paix ne se construira pas dans la soumission, mais dans le respect des peuples, de leur dignité, et de leur droit à se défendre contre l’agression. Cette attaque américaine ne marque pas un tournant vers la stabilité comme l’annonce Trump, mais le sombre rappel qu’un monde dirigé par l’unilatéralisme américain et la brutalité israélienne ne produit que chaos, humiliations et guerre sans fin.
Djamel Hamdan
