Pied diabétique : L’EHU en campagne pour prévenir l’amputation

Dans le cadre des initiatives de l’EHU d’Oran visant à renforcer la prévention sanitaire et le dépistage précoce, le service de chirurgie vasculaire, dirigé par la Professeure Leïla Ahlam Bouziane, a organisé hier, en collaboration avec l’Association Algérienne de Médecine, de Chirurgie et de Cathétérisme Vasculaire (ASVES), une campagne de sensibilisation et de dépistage précoce du pied diabétique ainsi que des maladies artérielles des membres inférieurs.
Cette campagne cible principalement les patients diabétiques âgés de plus de 50 ans, ainsi que les patients plus jeunes souffrant d’autres maladies chroniques, telles que l’hypertension artérielle, ou appartenant à la catégorie des fumeurs. Un espace médical a été spécialement aménagé sur l’esplanade en face du service des urgences médico-chirurgicales, où les citoyens ont été accueillis dès 9h pour des consultations spécialisées. Ces dernières comprenaient un examen minutieux des pieds, la prise de mesure de la pression artérielle dans les membres à l’aide d’un appareil spécifique et, lorsque nécessaire, un examen Doppler par ultrasons.
La Professeure Bouziane a souligné que l’objectif principal de cette campagne est de détecter précocement les cas d’obstruction artérielle au niveau des membres inférieurs, pouvant entraîner l’apparition d’ulcérations ou de plaies chroniques chez les patients diabétiques, difficiles à cicatriser en raison d’une mauvaise irrigation sanguine.
Elle a indiqué que de nombreux patients consultent à tort des spécialistes en dermatologie ou en rhumatologie, ignorant que la cause réelle du problème est une absence de flux sanguin vers la zone concernée. Ce retard dans le diagnostic peut aggraver la situation, allant parfois jusqu’à l’amputation. A ce sujet, elle a précisé que le service de chirurgie vasculaire ne pratique pas d’amputations, mais intervient pour traiter les obstructions artérielles et les ulcérations dans le but de sauver le pied et d’améliorer la circulation sanguine.
La professeure a également attiré l’attention sur les cas de patients relativement jeunes, âgés entre 45 et 50 ans, qui présentent des formes avancées de la maladie en raison d’un diagnostic tardif ou d’une méconnaissance de la pathologie. Cela démontre l’importance de la sensibilisation non seulement des patients, mais aussi de leurs familles et des médecins généralistes, qui doivent être formés à l’examen régulier des pieds : vérifier la présence de pouls artériel et, en cas d’absence, orienter le patient vers un examen Doppler.

Les facteurs de détérioration des artères

Selon elle, un traitement médicamenteux et des recommandations hygiéno-diététiques peuvent suffire aux premiers stades. En revanche, dans les cas plus avancés, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire selon le degré d’obstruction.
La campagne vise également à élargir ce type d’initiative aux wilayas ne disposant pas de service de chirurgie vasculaire, notamment à travers la formation des médecins généralistes au diagnostic et à l’orientation appropriée des patients.
Concernant l’activité quotidienne du service, la professeure Bouziane a révélé que plus de 80 patients sont reçus chaque jour en consultation spécialisée de chirurgie vasculaire, dont 80% sont des diabétiques souffrant d’ulcérations ou de plaies non cicatrisées au niveau des pieds.
Le service réalise régulièrement des interventions pour rétablir la circulation sanguine, parmi lesquelles : la chirurgie conventionnelle, consistant en des pontages vasculaires pour améliorer le flux sanguin et la chirurgie mini-invasive endovasculaire, utilisant des technologies avancées comme le système Jetstream, la recanalisation des artères obstruées ou la pose de stents, généralement sous anesthésie locale. Le choix de l’intervention est toujours adapté à l’état du patient, afin d’éviter les complications et de recourir à des procédures plus lourdes.
La spécialiste a conclu en précisant que le service effectue entre 10 et 12 interventions chirurgicales par semaine pour les diabétiques atteints d’occlusions artérielles des membres inférieurs, en plus d’environ 100 interventions par mois pour d’autres pathologies vasculaires (anévrismes, sténoses carotidiennes, fistules artério-veineuses, etc.).
De son côté, le Dr Boumediene Mellah, médecin résident au service de chirurgie vasculaire, a prodigué plusieurs conseils aux diabétiques, soulignant que le tabagisme et un taux élevé de glycémie sont les principaux facteurs de détérioration des artères. Il a insisté sur la nécessité pour les diabétiques d’être suivis régulièrement par un spécialiste, de contrôler leur glycémie et leur hémoglobine glyquée (test sanguin qui mesure le taux moyen de sucre dans le sang sur une période d’environ deux à trois mois, Ndr), et de maintenir ces taux dans les limites normales. Il a également recommandé une hygiène quotidienne des pieds, une vigilance accrue à tout changement ou blessure, même minime, une alimentation saine et équilibrée, pauvre en graisses et en sucre et la pratique régulière d’une activité physique comme la marche, qui améliore la circulation et ralentit la progression des obstructions artérielles.
Fayçal A.

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