Proposée à 1500 DA le kg: La viande roumaine séduit
La vente directe de la viande ovine importée de Roumanie offre aux consommateurs oranais une alternative économique face à la hausse des prix des produits carnés. Proposée à 1.500 dinars le kilogramme, les clients oranais ont accueilli favorablement cette initiative.
Confrontées à une nouvelle concurrence, certaines boucheries locales reconnaissent à contrecœur l’impact positif sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi Wahid, propriétaire d’une boucherie à Belgaïd, estime que cette initiative devrait pousser l’ensemble du marché à s’adapter. «Nous sommes contraints de proposer des produits de qualité à des prix compétitifs pour fidéliser notre clientèle. Mais ce n’est pas évident».
Initiée il y a une dizaine de jours par l’entreprise Touahria spécialisée dans le ravitaillement et la distribution alimentaire, cette opération vise à stabiliser les prix du marché et à lutter contre la spéculation, notamment en période de forte demande comme le Ramadhan. Lors du lancement de l’opération, la porte-parole de l’entreprise Fatma-Zohra Nazef avait assuré que «la distribution de cette viande fraîche se poursuivra au-delà des fêtes religieuses. L’opération n’est pas ponctuelle. Elle est appelée à durer toute l’année, y compris après l’Aïd».
La principale différence entre la viande locale et la viande roumaine réside dans l’élevage, l’alimentation du bétail et la texture de la viande. En Algérie, les bovins sont généralement élevés de manière traditionnelle, avec une alimentation basée sur des céréales et du fourrage local, ce qui donne une viande plus ferme et au goût plus prononcé. En revanche, la viande importée de Roumanie provient d’un élevage industriel où les animaux sont souvent nourris avec des aliments enrichis pour favoriser une croissance rapide. Résultat : une viande plus tendre, mais parfois jugée moins savoureuse. «Si la viande roumaine est accessible, certains clients trouvent qu’elle perd trop d’eau à la cuisson et qu’elle est moins goûteuse que la viande locale», continue Wahid.
Avec la viande brésilienne et espagnole, qui était déjà vendue dans la capitale de l’Ouest, les consommateurs peuvent contourner la cherté excessive des produits locaux dont les prix ont réussi, depuis longtemps, à dissuader la majeure partie de la population. Désormais, les Oranais peuvent de temps en temps s’autoriser quelques plaisirs : «Au début du Ramadhan, j’ai acheté de la viande brésilienne à 1.800 DA le kilogramme. Elle était de bonne qualité», commente Amine, père de famille.
Mais à quelques jours de la fin du mois sacré, il n’est pas sûr de pouvoir se refaire plaisir une nouvelle fois…
O.A Nadir
