Ce que j’en pense: Die Zeit, le Der Strümer du XXIe siècle
Par Moncef Wafi
Die Zeit, un des quotidiens allemands de référence locale, a publié une chronique d’un certain Maxim Biller, qu’on présente comme écrivain germano-russe juif. Le pédigrée de l’animal explique un peu, même beaucoup, le contenu frelaté du texte que le journal teuton a supprimé de son site web après le tollé qu’il a suscité. Dans son vomi, mélange de haine, de vodka bon marché et de currywurst sabah, il défend ouvertement le blocus de Ghaza, qu’il qualifie de «correct stratégiquement», néanmoins d’«inhumain».
Plus loin, celui qui a construit sa carrière littéraire sur ses origines hébraïques, a osé une blague sentant bon le génocide puisqu’il appelle au meurtre des Palestiniens. Un passage que je reproduis ici au risque de choquer les âmes sensibles. «Un Israélien va chez le médecin et lui dit : “Docteur, je viens de passer quarante jours avec mon unité à Ghaza, je suis fatigué de tirer sur les Arabes. Que dois-je faire ?” Le médecin lui répond : “Bien sûr, tu peux arrêter immédiatement si tu veux. Mais je ne te le conseille pas. Même après plusieurs séances de thérapie.”». Le niveau de caniveau !
En publiant cette diarrhée, Die Zeit doit changer de titre et arborer Der Stürmer à sa Une. Pourtant -et il y a toujours un cependant dans l’histoire- le canard allemand ne fait qu’entériner la politique officielle de Berlin vis-à-vis d’Israël. Evoquer la politique extérieure de l’Allemagne est présomptueux puisqu’elle consiste à simplement se prosterner devant le cahier de charges sioniste et satisfaire les factures post-défaite nazie.
Dans l’Allemagne d’aujourd’hui, le visage d’Hitler a été remplacé par le criminel de guerre Netanyahu et les ministres des Affaires étrangères sont devenus les nouveaux Goebbels du IV Reïch. De Annalena Baerbock, qui a décrété halal le meurtre des femmes et des enfants de Ghaza ainsi que le bombardement de ses hôpitaux, au tout frais Johann David Wadephul qui, moins d’une semaine après sa nomination, se rendait penaud chez ses maîtres, pleurer le sort des prisonniers israéliens détenus par la Résistance palestinienne, la politique allemande est devenue celle de la soumission.
Dans un pays qui collectionne les crimes de guerre (Namibie, Russie…) ; comme Michael Phelps truste les médailles olympiques ; la blessure narcissique est profonde, abyssale, écartelée entre un acharnement maladif à défendre la cause sioniste et un passé de boucher de l’Histoire.