Patrimoine mémoriel: Trois cimetières des martyrs bientôt réaménagés

Dans le cadre de la valorisation du patrimoine mémoriel et du respect dû aux héros de la guerre de libération nationale, la Direction des Moudjahidine et des Ayants-droit de la wilaya d’Oran, a lancé, hier, un programme d’aménagement de trois cimetières des martyrs.
Les sites concernés sont situés dans les communes de Sidi Ghalem, Aïn El Kerma et Gdyel. Ce projet, qui s’inscrit dans une dynamique nationale de préservation de la mémoire historique, vise à restaurer ces lieux symboliques et à leur redonner toute la valeur qu’ils méritent.
L’objectif affiché est clair : faire de ces cimetières non seulement des lieux de recueillement, mais également des espaces d’histoire vivante, témoins du sacrifice ultime consenti par les enfants de la nation pour l’indépendance de l’Algérie.
Ces aménagements porteront notamment sur la réhabilitation des tombes, l’installation de signalétique historique, l’aménagement paysager et la mise en place de structures d’accueil pour les visiteurs, notamment les jeunes générations et les élèves.
Ce programme d’aménagement des cimetières à Sidi Ghalem, Aïn El Kerma et Gdyel fait suite à plusieurs initiatives similaires menées ces dernières années à Oran. L’une des plus marquantes reste la cérémonie de ré-inhumation, le 19 mars 2022, des ossements de sept chouhada dans le cimetière des martyrs de la commune de Boutlélis.
Organisée à l’occasion du 60e anniversaire de la fête de la Victoire, cette cérémonie s’est déroulée en présence des autorités civiles et militaires de la wilaya, ainsi que de nombreux membres de la famille révolutionnaire. Les sept martyrs (Belbachir Mimoune et son fils Saïd, Benhadou Kaddour, Benhamou Maanane, Messaoud Mohamed, et deux chouhada non identifiés) avaient été enlevés puis assassinés par l’Organisation de l’armée secrète (OAS) le 15 février 1962. Leurs restes, exhumés de la forêt du douar Nayeb à Boutlélis, avaient été transférés avec les honneurs au cimetière de M’sila, renforçant ainsi le lien entre le lieu et la mémoire collective. Ces initiatives sont essentielles pour ancrer la mémoire révolutionnaire dans le présent et la transmettre aux nouvelles générations. Il ne s’agit pas seulement d’un acte de piété envers les martyrs, mais aussi d’un acte citoyen et pédagogique. Outre les cérémonies de 2022, la wilaya d’Oran a également connu, ces dernières années, la ré-inhumation de 22 autres chouhada dans les cimetières de Sénia et de Boutlélis, dans le cadre de la commémoration du 1er novembre 1954. Des efforts salués par les familles des martyrs et les historiens, qui soulignent l’importance de ces actes dans la préservation de la mémoire nationale.
G. Salima
