Il tue une jeune femme et tente d’effacer les preuves : Un Syrien condamné à la perpétuité

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité un ressortissant syrien résidant en Algérie, L. Abdallah, reconnu coupable d’homicide volontaire avec préméditation sur une jeune femme dans des circonstances particulièrement sordides.
L’affaire remonte au 30 décembre 2020. Ce jour-là, la mère de la victime, sans nouvelles de sa fille, tente de la joindre à plusieurs reprises par téléphone, en vain. Inquiète, elle dépêche son fils au domicile de la jeune femme. Ce dernier découvrira un spectacle macabre : le corps sans vie de sa sœur, gisant sur son lit, présentant plusieurs blessures à l’arme blanche.
Alertés, les services de sécurité se rendent sur les lieux et la dépouille est déposée à la morgue de l’EHU pour autopsie. Celle-ci révélera que la victime a été poignardée à de multiples reprises, notamment au niveau du cou, provoquant une hémorragie fatale.
Pendant plusieurs semaines, l’enquête piétine, faute d’indices exploitables. L’auteur avait minutieusement nettoyé la scène du crime et s’était débarrassé de l’arme utilisée -un couteau de cuisine- ainsi que des gants en latex portés au moment des faits. Les pièces à conviction seront jetées sur un chantier de construction.
Ce n’est que le 23 janvier 2021 que les policiers remontent une piste sérieuse grâce à l’exploitation des relevés téléphoniques de la victime. Le dernier appel reçu avant sa mort provenait de L. Abdallah, un jeune cuisinier employé dans un restaurant syrien réputé du quartier d’El-Akid.
Interpellé, le suspect passe rapidement aux aveux. Il raconte avoir été victime de chantage de la part de la jeune femme, dont il louait occasionnellement l’appartement pour des rencontres intimes. Selon ses déclarations, elle aurait exigé de lui 50 millions de centimes en échange de l’effacement d’un enregistrement compromettant le montrant avec sa fiancée.
Déterminé à récupérer la vidéo, le mis en cause s’était rendu chez la victime, muni d’un couteau de boucher et de gants en latex. Lors de la confrontation, la victime aurait confirmé ses exigences financières. Refusant de céder, L. Abdallah aurait tenté de s’emparer du téléphone. S’en serait suivi une violente altercation, au cours de laquelle il l’aurait poignardée à plusieurs reprises.
Après avoir commis son acte, il aurait nettoyé les lieux, volé le téléphone, une clé USB, des bijoux et 4.000 dinars en liquide, avant de quitter l’appartement et de faire disparaître les preuves. Il vendra ensuite les bijoux dans une bijouterie de la ville nouvelle.
A la barre du tribunal, le prévenu a reconnu les faits, tout en tentant de nier l’intention criminelle. «Je ne voulais pas la tuer», a-t-il affirmé, répétant qu’il avait «perdu le contrôle». Une déclaration qui n’a pas convaincu la présidente de la Cour, qui l’a interrogé sur la préméditation manifeste : port d’une arme, de gants et dissimulation des preuves.
L’audience a été marquée par une atmosphère pesante, surtout lorsque la présidente a abordé un acte de profanation post-mortem découvert durant l’autopsie, un geste que le mis en cause a reconnu sans pouvoir l’expliquer. La salle, choquée, a été partiellement évacuée à ce moment, notamment les membres de la famille de la victime.
La partie civile a dénoncé un «crime odieux, prémédité et crapuleux», qualifiant l’accusé de «prédateur ayant voulu faire taire sa victime à tout prix». Le ministère public a requis la perpétuité. La défense, pour sa part, a plaidé des circonstances atténuantes, évoquant un acte commis sous la panique.
Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page