Mohamed Zakaria Hachlaf à Algérie Presse : Le jeune Algérien qui révolutionne l’innovation

Entretien réalisé par O.A Nadir

À 20 ans à peine, Mohamed Zakaria Hachlaf s’impose déjà comme un jeune prodige algérien de la science et de l’innovation. Fasciné par les étoiles et les sciences spatiales dès son plus jeune âge, il a rapidement élargi son champ à l’intelligence artificielle et aux technologies de pointe.

Récemment, il a été distingué par le prestigieux « Innovation & Entrepreneurship Talent Award » de l’université de technologies de Pékin, l’une des institutions les plus renommées au monde pour l’innovation et l’entrepreneuriat. Cette récompense vient saluer un parcours scientifique hors norme: en 2025, Hachlaf a développé pour Tencent un modèle d’intelligence artificielle qui s’est classé deuxième mondial parmi 12 millions de participants à la Shanghai Global Innovation Cup. Ce projet est aujourd’hui testé pour 230 millions d’utilisateurs et pourrait bientôt toucher un milliard de personnes.
Cette même année, il a été admis à l’Institut américain de l’aéronautique et de l’espace (AIAA) et a dirigé quatre projets scientifiques majeurs, en présence de représentants du gouvernement chinois et de doyens d’universités, démontrant sa capacité à évoluer dans des environnements scientifiques exigeants et internationaux.
Dans cet entretien accordé à Algérie Presse, le jeune génie algérien raconte son parcours, ses défis et partage son message à la jeunesse du pays, invitant chacun à croire en ses ambitions et à investir dans le savoir.

Algérie Presse : Quelle a été la motivation ou le moment qui vous a dirigé vers la recherche scientifique et l’intelligence artificielle dès votre jeune âge ?

Mohamed Zakaria Hachlaf : Tout d’abord, concernant mes motivations, j’ai commencé dans le domaine scientifique vers l’âge de 11 ans. Mes centres d’intérêt n’étaient pas à l’origine l’intelligence artificielle, mais les sciences de l’espace et de l’astronomie. À mes débuts, je m’intéressais aux études sur le système solaire, les planètes et les satellites. J’ai écrit des livres dans ce domaine à l’âge de 11 ans et les ai terminés vers 2018, à l’âge de 13 ans. Malheureusement, ces livres n’étaient pas destinés à la publication, donc j’ai proposé de participer à des conférences scientifiques. C’est de là que tout a commencé dans le domaine scientifique.
Ensuite, quand je suis arrivé à l’université en Chine, il y a eu une autre orientation vers l’ingénierie, plus précisément l’ingénierie aérospatiale. Parmi les applications d’ingénierie que nous devons réaliser, certaines relèvent de l’intelligence artificielle.
Nous intégrons donc l’IA dans les systèmes de contrôle ou dans les modèles de simulation pour les projets scientifiques dans ce domaine.

Pouvez-vous nous expliquer la nature de votre projet avec la société Tencent et son impact réel ?
Oui, ce projet est le fruit de notre participation à la Shanghai Global Innovation Cup en intelligence artificielle et technologie en 2025. Nous avons été sélectionnés parmi 12 millions de participants, à travers un processus de sélection progressif, commençant au niveau local jusqu’au niveau international. Le projet consistait en une étude ou une prédiction du comportement des utilisateurs sur la plateforme sociale chinoise Weibo. L’objectif était d’analyser l’usage de la plateforme par les utilisateurs à partir des données fournies par Tencent et Weibo, et d’étudier leur interaction avec les publicités. Il ne s’agissait pas seulement de l’interaction avec les annonces, mais aussi de comment augmenter la rentabilité de ces entreprises, par exemple via le clic sur certains liens ou la promotion de produits. Nous avons utilisé des algorithmes pour analyser l’usage répétitif de certains liens et optimisé les systèmes existants. Le projet a réussi et nous l’avons nommé « Jindao ». Il est actuellement en phase de test pour 200 millions d’utilisateurs en Chine et sera bientôt utilisé sur WeChat pour un milliard et cent millions d’utilisateurs.

Quels ont été les principaux défis rencontrés en Chine ?

Le premier défi a été la langue. Le deuxième, la nourriture, car la culture est très différente. La culture chinoise est très différente, donc il faut s’adapter. Quand on arrive pour la première fois en Chine, on voit que les gens sont différents, mais il existe un certain lien humain que l’on peut développer à travers la communication, la langue, la culture et les sentiments sincères envers les autres.
C’est une des bases humaines importantes. Ensuite, le système d’étude est très exigeant, beaucoup plus spécialisé et approfondi que dans d’autres pays. Il faut maîtriser un domaine spécifique à un niveau très élevé pour pouvoir avancer.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes Algériens qui rêvent de suivre vos pas ?

Les jeunes Algériens doivent faire preuve de patience, de force, de confiance en eux et en Dieu pour réussir.
Il faut avoir une intention sincère de réussir dans un domaine ou un projet, ou dans le service de la société, pour obtenir des résultats concrets.
La première étape est l’authenticité de l’intention
. L’Algérie a beaucoup de problèmes locaux et les jeunes ont la capacité de travailler sur ces défis, qu’ils soient sociaux, économiques ou techniques. Il est important d’investir dans les talents, non seulement financièrement, mais aussi en soutenant les initiatives pour transmettre le savoir et éduquer les autres, dans les domaines techniques et sociaux.
Nous devons améliorer la manière dont nous communiquons et interagissons les uns avec les autres afin de surmonter les problèmes sociaux et passer à des défis plus importants.

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