Tabagisme chez les jeunes : Entre alerte et mobilisation

Face à la recrudescence du tabagisme chez les jeunes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) a organisé mardi à Alger, en coordination avec les ministères de la Santé et de la Jeunesse, une journée scientifique consacrée à ce fléau, mettant l’accent sur l’urgence d’impliquer cette frange de la population dans la lutte contre les addictions, notamment le tabac et ses dérivés.
Lors de cet événement, le président de l’ANSS, le professeur Kamel Sanhadji, a tiré la sonnette d’alarme sur la banalisation croissante du tabac chez les adolescents algériens, qualifiant le phénomène de « menace sociale et sanitaire majeure ». Il a notamment souligné la percée rapide de la cigarette électronique, désormais largement diffusée à travers les réseaux sociaux et les plateformes de vente en ligne, ciblant particulièrement les jeunes.
Selon les statistiques nationales issues du Registre national du cancer, environ 1 300 nouveaux cas de cancer sont détectés chaque année chez les jeunes de moins de 20 ans en Algérie, dont une proportion croissante est liée directement ou indirectement à des facteurs évitables comme le tabagisme actif ou passif. Le cancer du poumon, longtemps cantonné aux adultes, commence à toucher des tranches d’âge de plus en plus jeunes, notamment chez les garçons.
Au niveau mondial, les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) font état de plus de 8,7 millions de décès par an dus au tabac, toutes formes confondues. En Algérie, près de 15 000 décès annuels seraient attribuables aux conséquences directes du tabagisme, selon des estimations publiées en 2024.
Le professeur Sanhadji a plaidé pour la mise en place d’une stratégie nationale intégrée, impliquant non seulement les ministères concernés, mais aussi l’école, les universités, les médias et la société civile. Il a souligné l’importance de renforcer les campagnes de prévention sur les plateformes numériques, espace privilégié des jeunes, et de réviser les programmes scolaires pour y intégrer une éducation sanitaire dès le primaire.
« Il est essentiel de comprendre les motivations sociales et psychologiques qui poussent les jeunes vers l’addiction, et de leur offrir des alternatives positives comme le sport, la culture ou le bénévolat», a-t-il insisté.
De son côté, Youcef Terfani, représentant du ministère de la Santé, a mis en avant le renforcement des messages d’avertissement sanitaire sur les paquets de cigarettes, ainsi que la révision du cadre réglementaire en matière de publicité et de vente des produits du tabac, y compris les cigarettes électroniques.
Le ministère de la Jeunesse, par la voix de son représentant Farid Bouzid, a rappelé l’existence de cellules de sensibilisation implantées dans les 58 wilayas, composées de spécialistes de la santé des jeunes, chargés d’organiser des campagnes de proximité, d’écoute et d’accompagnement.
T. Feriel

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