Rapt d’Africains contre rançon : Cinq ans, en appel, pour les kidnappeurs
Le tribunal criminel d’appel de la cour d’Oran a condamné deux individus, dont un ressortissant camerounais, à cinq ans de réclusion pour kidnapping avec menace. Le parquet avait requis 15 ans de réclusion contre les deux prévenus. En première instance, ils avaient écopé de sept ans de prison.
L’affaire remonte au 9 avril 2021, lorsqu’un ressortissant africain a déposé plainte, déclarant que plusieurs de ses compatriotes avaient été enlevés par des Maliens. Dans sa déposition, il a fourni des détails précis, notamment l’adresse des auteurs présumés.
Les services de sécurité se sont rendus à l’endroit indiqué et y ont découvert les deux principaux mis en cause, ainsi que trois autres individus de nationalité ghanéenne. Tous ont été interpellés, puis conduits au commissariat pour être entendus et confrontés aux faits.
Lors de l’enquête, une des victimes a affirmé avoir été approchée par les accusés, qui l’avaient invitée à dîner. Ne se doutant de rien, elle les a suivis, avant de se retrouver séquestrée. Elle a ensuite appris que ses ravisseurs réclamaient 1.500 euros en échange de sa libération.
Face à ces accusations, les deux prévenus ont nié toute implication. L’Algérien a déclaré s’être rendu sur les lieux uniquement pour acheter une dose de stupéfiants, tandis que le Camerounais a affirmé être arrivé en Algérie pour travailler comme maçon, et qu’il partageait simplement le logement avec d’autres ressortissants africains.
Devant le tribunal criminel, les deux accusés ont maintenu leurs versions initiales. Cependant, plusieurs témoins ayant côtoyé les prévenus ont livré des témoignages à charge. La victime, quant à elle, est restée ferme dans ses accusations.
Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public est revenu sur les incohérences relevées dans les déclarations des accusés. Il a notamment souligné qu’aucune trace de stupéfiants n’avait été retrouvée sur les lieux, contredisant ainsi les propos de l’un des mis en cause. Il a également évoqué un lieu fréquenté par plusieurs individus aux comportements délinquants, mêlant ressortissants africains et algériens.
Zemmouri L.
