Hécatombe routière : Plus de 2.615 morts en huit mois

Les routes algériennes continuent de faucher des vies à un rythme alarmant. Selon Lahcen Boubka, directeur d’études à la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), 2.618 personnes ont perdu la vie et 25.399 ont été blessées dans 18.395 accidents corporels enregistrés durant les huit premiers mois de 2025.

Des chiffres en légère hausse par rapport à la même période de 2024, avec +0,5 % de décès, +0,89 % d’accidents et +2 % de blessés.
Présent hier à l’émission L’invité du jour de la Chaîne 3 de la Radio nationale, M. Boubka a dressé un constat sans appel : « Ce sont autant de familles endeuillées, de blessés parfois à vie, et de pertes économiques lourdes pour les ménages et les compagnies d’assurances ».
Les statistiques confirment une stabilité dramatique du nombre de victimes sur les routes algériennes au cours des dernières années. En 2024, la DNSR avait enregistré 27 500 accidents corporels, faisant 3 421 morts et 38 500 blessés, soit une hausse de 3 % des décès par rapport à 2023, année où 3 318 personnes avaient trouvé la mort dans 26 700 accidents.
Sur la dernière décennie, le nombre annuel de décès oscille entre 3 000 et 4 000, plaçant l’Algérie parmi les pays les plus touchés du bassin méditerranéen. « Malgré les efforts de prévention, le fléau reste constant », a déploré M. Boubka, rappelant que la moyenne mensuelle dépasse aujourd’hui 320 morts, soit plus de 10 décès par jour.
Pour le représentant de la DNSR, le facteur humain reste responsable à 95 % des accidents. Les principales causes identifiées demeurent inchangées : excès de vitesse, fatigue au volant, prise de substances psychotropes, imprudence des piétons et non-respect du Code de la route.
« Le comportement routier demeure le principal ennemi de la sécurité. Beaucoup continuent de penser qu’ils peuvent maîtriser la route, même en enfreignant les règles élémentaires de prudence », a-t-il déploré.
Le profil des conducteurs impliqués reste dominé par les jeunes âgés de 18 à 35 ans, dont une majorité titulaire d’un permis depuis moins de cinq ans. Ce constat, selon lui, révèle « l’urgence de revoir le dispositif de formation et d’évaluation des conducteurs, souvent trop permissif ».
Face à cette situation, la Délégation nationale à la sécurité routière dit vouloir renforcer les actions de sensibilisation ciblée et de contrôle automatisé. L’installation de nouveaux radars fixes, la modernisation des permis à points et le déploiement d’un système national de suivi des infractions figurent parmi les priorités de 2025. Des campagnes d’éducation routière dans les établissements scolaires sont également prévues, en coordination avec les ministères de l’Éducation et de l’Intérieur.
Pour M. Boubka, seule une approche globale alliant répression, éducation et aménagements adaptés permettra d’inverser durablement la tendance. « La sécurité routière est une responsabilité partagée. Tant que le conducteur ne change pas sa perception du danger, les chiffres ne baisseront pas », a-t-il conclu.
G. Salima

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