Situation des enfants à Ghaza : Alger demande à Gamba de se bouger

L’Algérie a vigoureusement dénoncé, ce mercredi à New York, la situation dramatique des enfants dans la bande de Ghaza, appelant à une réaction internationale plus ferme et plus déterminée. C’est ce qu’a affirmé son représentant permanent auprès des Nations unies, Amar Bendjama, lors du débat public annuel du Conseil de sécurité sur les violations des droits des enfants dans les conflits armés.

S’appuyant sur des données alarmantes, M. Bendjama a pointé du doigt l’entité sioniste, désignée dans le rapport onusien comme responsable des « plus hauts niveaux de violations graves » contre les enfants en 2024. Il a exprimé sa vive incompréhension face à la réaction qualifiée de «minimaliste» de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (Virginia Gamba, ndlr), déplorant son silence disproportionné face à une tragédie d’une ampleur inédite.
« Comment peut-on rester silencieux devant 7.188 violations graves vérifiées, attribuées aux forces israéliennes ? », s’est-il interrogé. Parmi ces exactions : plus de 2.000 cas vérifiés de meurtres et de mutilations d’enfants, 500 attaques contre des écoles, 148 contre des hôpitaux, et des milliers de cas de refus d’aide humanitaire, notamment 5.000 en Cisjordanie et 2.263 à Ghaza.
En effet, et depuis le début du génocide à Ghaza, la diplomate argentine, Virginia Gamba, s’est contentée d’exprimer de vives préoccupations concernant la situation, notamment en dénonçant l’escalade de la violence et la crise humanitaire qui s’y déroulent. Cependant, et dans ses déclarations publiques officielles, elle n’a jamais qualifié la situation à Ghaza de génocide alors qu’elle n’a pas hésité, un seul moment, à parler de « risque de génocide »… au Soudan.
Par ailleurs, des organisations palestiniennes lui ont adressé des appels pour qu’elle reconnaisse publiquement la nature génocidaire des actions en cours à Ghaza et qu’elle exhorte les États à agir en conséquence, mais en vain. Elle semble plutôt privilégier la position de son pays, allié solide du régime d’apartheid hébreu.
Le diplomate algérien a souligné que ces chiffres ne reflétaient qu’une partie de la réalité, et que le terrain témoignait d’un tableau encore plus sombre, où le droit à la vie des enfants est « violé chaque jour avec une brutalité glaçante ».
M. Bendjama a rappelé les alertes lancées à répétition par la communauté humanitaire, notamment l’UNRWA, et rapporté des chiffres effarants : plus de 50.000 enfants tués ou blessés depuis 18 mois, dont 1.309 enfants tués et 3.738 blessés rien que depuis la rupture du cessez-le-feu en mars 2025.
Il a également évoqué l’aggravation dramatique de la crise nutritionnelle : 5.000 enfants âgés de 6 mois à 5 ans souffrent actuellement de malnutrition aiguë, avec une hausse de 150 % par rapport à février, et 146 % pour les cas les plus sévères. La moitié des 1,9 million de déplacés internes sont des enfants, a-t-il ajouté.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est également devenu quasi inexistant, a averti M. Bendjama, en raison de la destruction systématique des infrastructures vitales.
Face à cette tragédie, l’Algérie exige une réponse internationale urgente, forte et cohérente, dénonçant l’absence de visite sur le terrain de la représentante onusienne, pourtant censée alerter et agir. M. Bendjama a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’impunité et de protéger les enfants, premières victimes d’une guerre qui viole les principes fondamentaux du droit international humanitaire.
T. Feriel

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