Production de l’huile de table : La filière du colza affiche ses ambitions

Les premières cultures expérimentales des oléagineux qui constituent un secteur hautement stratégique affichent leurs ambitions à Oran.
C’est ce qui ressort de la visite d’inspection que vient d’effectuer le Comité de veille dédié aux grandes cultures au niveau des exploitations céréalières implantées dans la daïra d’Es-Sénia. Ce comité a ainsi assuré le suivi de l’évolution de la culture de colza sur une superficie de 20 hectares plantée dans l’unité de production de Si Bouaazza. Une première expérience de la culture du colza a été lancée récemment à Boutlélis. Les graines de colza sont plantées sur une surface d’un demi-hectare dans un champ expérimental de l’exploitation agricole Dennouni Sid Ahmed. L’expérience a été menée en collaboration avec l’Institut technologique des grandes cultures de Sidi Bel-Abbès.
La culture du colza présente plusieurs avantages, tant sur le plan agronomique qu’économique et environnemental. Le colza est une culture à haute valeur ajoutée, principalement utilisée pour la production de l’huile alimentaire, des biocarburants et des tourteaux pour l’alimentation animale. De plus selon les nutritionnistes, l’huile de colza présente de nombreux bienfaits pour la santé : elle est riche en acides gras essentiels, bonne pour le cœur, une source de vitamine E, faible en graisses saturées, aide à réguler la glycémie et constitue un bon anti-inflammatoire naturel. En guise de substitution aux importations de la matière première (nécessaire à la production de l’huile de table, un plan visant à encourager la production nationale des oléagineux a été lancé à Oran. La Direction des services agricoles a créé une commission pour encourager la culture des oléagineux. Cette commission est constituée de représentants la Direction des services agricoles, la Chambre d’agriculture, la Coopérative des céréales et légumineuses secs, la Station régionale de protection des végétaux de Misserghine, l’Institut national des grandes cultures, l’Institut technique des grandes cultures et de l’Institut technique des cultures maraîchères et d’agriculture industrielle. «Cette commission suivra toutes les étapes de mise en œuvre de ce programme allant de la fourniture de semences et d’engrais, ainsi que du matériel phytosanitaire nécessaire à la réalisation du parcours technique, aux inspections sur le terrain et estimations préliminaires de la récolte jusqu’à la moisson», affirme la direction des services agricoles.
Un plan dédié à la culture du tournesol a également été lancé au niveau national avec pour objectif de réduire la facture d’importation de ce produit et d’atteindre l’autosuffisance en huile de table. Les superficies dédiées à la culture du tournesol devraient augmenter progressivement au fil des années, avec un rendement escompté de 20 quintaux à l’hectare. Un nouveau dispositif mis en place consacre des mesures financières incitatives pour le développement de cette filière, qui permettrait de produire des graines oléagineuses destinées à la transformation agro-industrielle.
G. Salima
