Le joueur de l’EN arrêté pour son soutien à la Palestine: L’Affaire Attal

L’information a fait l’effet d’une bombe dans le milieu sportif algéro-français. Youcef Attal, le latéral droit de l’OG Nice et de l’équipe national de football a été interpelé par la police française et placé en garde à vue, jeudi soir.
Le joueur de 27 ans est accusé de provocation à la haine raciale.
Les faits qui lui sont reprochés remontent à une publication sur les réseaux sociaux. Lundi 13 novembre, Youcef Atal a publié, après la victoire de son équipe contre le Cap-Vert (5-1), une photo sur Instagram de lui arborant une écharpe sur laquelle est inscrit «Palestine will be free». Autrement dit «la Palestine sera libre». Mais c’est le post qui suit, quelques instants plus tard, qui met le feu aux poudres : le joueur de Nice relaie, toujours sur Instagram, une vidéo du cheick palestinien Mahmoud al-Hasanat, qui appelle Dieu à envoyer «un jour noir sur les juifs».
Sous l’impulsion du puissant lobby sioniste dans la région incarné par le maire de Nice, Christian Estrosi, connu pour ses accointances notoires avec les hommes d’affaires franco-israéliens, Youcef Attal est médiatiquement lynché avant d’être sanctionné par la commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel (LFP). Il est suspendu sept matchs avec son club, hypothéquant même ses chances avec les Verts en vue de la CAN 2024. Son club niçois le lâche et décide de le suspendre jusqu’à nouvel ordre.
Pourtant, le natif de Boghni avait publié une story sur son compte Instagram pour présenter ses excuses : «J’ai conscience que ma publication a choqué plusieurs personnes, ce qui n’était pas mon intention, et je m’en excuse». Il ajoute qu’il « condamne fermement toutes formes de violence, où que ce soit dans le monde, et je soutiens toutes les victimes. Jamais je ne soutiendrai un message de haine. La paix est un idéal auquel je crois fermement.».
Instrumentalisé, la justice française veut faire de Attal un exemple, puisque suite à une enquête du Parquet de Nice, l’international algérien est placé en garde à vue ce jeudi pour « provocation à la haine raciale à raison de la religion », dans la caserne Auvare, où se situent les locaux de la police judiciaire de la ville de Nice. Au terme de sa présentation, Youcef Atal a été remis en liberté, vendredi, sous contrôle judiciaire, sous cautionnement d’un montant de 80.000 euros et une convocation à se présenter le 18 décembre pour être jugé devant un tribunal. L’ex sociétaire de la JSK et du Paradou est ainsi interdit de quitter le territoire français sauf pour des motifs liés à son activité professionnelle.
Qu’en est-il d’Enrico Macias ?
Même s’il a reçu le soutien de ses coéquipiers de l’équipe nationale, Attal risque de voir sa saison gâchée et devrait se chercher un nouveau club. Cependant ce qui interpelle dans cette affaire est l’acharnement de la France contre un joueur qui n’a fait qu’exprimer son opinion personnelle dans ce qui se passe en Palestine. Ce cas montre aussi la nuisance des politiques français acquis à l’entité sioniste.
Attal n’est pas le premier sportif à pâtir de ses positions puisque d’autres joueurs à l’image de Anwar El Ghazi qui a été licencié par son club allemand de Mayence pour les mêmes raisons ou encore l’international marocain du Bayern Munich inquiété par ses dirigeants mais qui ont tenu tête à leurs détracteurs.
Ce deux poids deux mesures de la justice française s’illustre parfaitement dans le traitement du cas d’Enrico Macias qui a publiquement menacé de mort des députés de la République française à une heure de grande écoute.
Le groupe parlementaire La France insoumise avait annoncé, le 11 octobre dernier, saisir la justice après les propos du chanteur appelant à « dégommer », « peut-être même physiquement », le mouvement de la gauche radicale à cause de sa position sur le Hamas. Ces propos constituent « un appel à s’en prendre physiquement aux membres de La France insoumise », a assuré la présidente du groupe Mathilde Panot dans son courrier adressé à la procureure de Paris. LFI a saisi cette dernière au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui permet à « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire » de dénoncer des faits ou des propos à la justice.
« Quand j’entends l’extrême gauche qui se défausse devant cette horreur, eh ben vous m’obligez à dire ce que je ne voulais pas dire : il faut les dégommer ces gens-là », avait déclaré, le 10 octobre Enrico Macias sur CNews, sur le plateau de Pascal Praud. « Politiquement », lui fait préciser l’animateur. « Bah bien sûr, mais peut-être physiquement », a ajouté le chanteur de 84 ans, précisant plus tard qu’il parle de membres de LFI, à ses yeux « complices » du Hamas.
Le chanteur, en proie à de sérieux problèmes financiers après avoir été escroqué par un de ses compatriotes israéliens, se rappelle, à chaque occasion, au bon vouloir du trésorier du Crif pour s’en sortir. Mais de là à appeler publiquement à assassiner des députés français, il n’y a qu’un pas à franchir et c’est ce qu’il a fait sous une totale impunité.
SAID OUSSAD
