Approvisionnement en eau potable : Le rôle des stations de dessalement

Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar avait affirmé, depuis Boumerdès, en marge de la visite de travail et d’inspection du président de la République à certaines wilayas du Centre du pays, à l’occasion du 5 Juillet, que le nouveau programme de réalisation de cinq stations de dessalement d’eau de mer, supervisé par le groupe, permettra, une fois finalisé l’année prochaine, de doubler le taux de contribution de ces installations à l’approvisionnement des citoyens en eau potable.

Lors de la cérémonie de pose de la première pierre de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Djinet, présidée par le Chef de l’Etat, M. Hakkar avait indiqué que la capacité de production globale des cinq stations, estimée à 1,5 million m3/jour, permettra d’augmenter la contribution des stations de dessalement d’eau de mer à 42% (17% actuellement) d’ici à la fin de 2024.
Il a, également, souligné que grâce à ce programme, l’Algérie occupera la première place en Afrique et la deuxième dans le monde arabe (après l’Arabie saoudite) en termes de capacités de production de l’eau dessalée, avec une capacité totale estimée à 3,7 millions m3/jour.
Le programme initié par le président de la République comprend la réalisation de cinq stations de dessalement dans chacune des wilayas de Boumerdès (Cap Djinet), Tipasa (Fouka), Oran (Cap blanc), El Taref (Koudiet Eddraouche) et Béjaia (Tighremt- Toudja), en un temps record ne dépassant pas 24 mois, « un défi pour les institutions et cadres nationaux, mobilisés pour réaliser cinq grandes stations en même temps », explique M. Hakkar.
Contrairement aux précédents projets réalisés en partenariat avec des entreprises étrangères, le programme des cinq stations a été confié aux filiales du groupe Sonatrach, outre le groupe Cosider, a fait savoir le Pdg de Sonatrach mettant en avant les capacités de ces entreprises en matière de construction, d’études et d’ingénierie.
« Nous avons déjà réalisé 11 stations de dessalement de l’eau de mer en partenariat avec des entreprises étrangères. C’est la première fois que nous réaliserons un programme d’une telle envergure avec des efforts nationaux en un temps record », a déclaré le même responsable rappelant que la durée de réalisation des projets concrétisés précédemment oscillait entre 36 et 57 mois.
Le nombre de travailleurs dans chaque projet s’élèvera à 1.000 travailleurs tout en privilégiant le National en termes de sous-traitance, de prestation de services et de fourniture de pièces de rechange et de produits chimiques utilisés dans le traitement des eaux dessalées aux entreprises réalisatrices, a précisé M. Hakkar ajoutant que l’exploitation de cette infrastructure sera confiée à une entreprise algérienne supervisée par des cadres diplômés des universités algériennes.
A ce propos, le Président Tebboune avait précisé que « l’Algérie pouvait se procurer des stations clés en mains, mais par souci de préserver les recettes et richesses du pays, a préféré les réaliser localement, ce qui a effectivement été fait grâce à l’intégrité de nos cadres. Nous sommes fiers des réalisations de nos entreprises, et très satisfaits de l’étape à laquelle nous sommes arrivés ».

L’apport de l’expertise DZ

Dans ce contexte, le président de la République a salué les efforts consentis par les cadres algériens de différents secteurs depuis deux ans au titre du programme d’urgence relatif au dessalement de l’eau de mer, à leur tête les cadres du secteur de l’énergie, estimant que « les réalisations de Sonatrach sont source de fierté pour l’Algérie, au même titre que celles de Sonelgaz dont les cadres ont œuvré à fournir l’énergie électrique nécessaire à la mise en service des stations de dessalement, et des cadres du groupe COSIDER ». Il a, également, tenu à remercier les cadres des ministères de l’Hydraulique, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle « qui ont adhéré au programme, permettant aux stations de dessalement de l’eau de mer d’être 100% algériennes, grâce à leurs travailleurs et techniciens, mais aussi aux technologies maîtrisées désormais par les cadres algériens ». Aussi, le président de la République n’a pas manqué d’adresser ses remerciements au ministère de l’Enseignement supérieur, pour avoir formé des ingénieurs spécialisés dans le dessalement de l’eau de mer, ainsi qu’au ministère de la Formation professionnelle qui assure, depuis l’année dernière, une formation aux techniciens et aux techniciens supérieurs dans le domaine du dessalement de l’eau de mer.
Par ailleurs, le PDG de Sonatrach avait expliqué que le programme de cinq stations vient s’ajouter à un précédent programme d’urgence portant réalisation de trois stations à Alger et Boumerdes d’une capacité de 150.000 m3/jour. Il s’agit des stations de Bateau cassé (10.000 m3/ par jour) et d’El Marsa (60.000 m3) à l’est d’Alger et de Corso (80.000 m3/jour).
Les deux stations de la capitale sont entrées en service l’année dernière, avait précisé le même responsable, faisant savoir que des essais étaient en cours au niveau de la station de dessalement de l’eau de mer de Corso, qui devrait être opérationnelle dans les prochains jours, a-t-il dit.
De son côté, le DG de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL), Ilyes Mihoubi, a affirmé que le programme d’urgence relatif au dessalement de l’eau de mer permet aujourd’hui d’améliorer le service public d’eau potable, d’autant plus que 70% des Algérois seront alimentée de « façon quotidienne » et 30% « un jour sur deux ».
En 2021, 75% des Algérois bénéficiaient d’un programme de distribution d' »un jour sur deux » et seulement 25% selon un programme « quotidien », rappelle M. Mihoubi.
Une fois les deux stations de Fouka 2 et Cap Djinet entrées en service la fin de l’année prochaine, souligne le responsable, les Algérois seront quotidiennement alimentés à 100% en eau potable, à l’instar de Boumerdès et Blida.
Pour sa part, le président de la République avait souligné que « toutes les régions côtières d’Algérie doivent bénéficier de ce programme », faisant état d’un éventuel projet de réalisation d’une station de dessalement de l’eau de mer dans la wilaya de Tizi Ouzou, laquelle pourrait être implantée « à Azeffoun ou Tigzirt », et dont la capacité de production serait adaptée aux besoins de la population de ladite wilaya et pourrait même atteindre les 300.000 m3/jour.
« L’objectif est de poursuivre le programme de réalisation des stations de dessalement de l’eau de mer en lançant de nouveaux projets à l’avenir, afin d’atteindre le taux de 80% de couverture de l’approvisionnement des citoyens en eau, en vue de préserver les eaux souterraines ».
Le président de la République a également indiqué que « la sécheresse qui nous frappe de plein fouet prouve que les projets de dessalement de l’eau de mer sont intervenus à point nommé ».
Par ailleurs, le président de la République a appelé au lancement de projets des grands transferts d’eau à travers l’interconnexion des barrages pour assurer une meilleure alimentation en eau potable aux citoyens, compte tenu, notamment, du stress hydrique enregistré ces dernières années.
A ce propos, le Président Tebboune a souligné que « l’Algérie dispose de potentialités en matière de fabrication de pipes, outre les entreprises publiques et privées spécialisées dans l’interconnexion des barrages », ajoutant qu' »au lieu de vider certains barrages remplis par mesure de sécurité, l’excédent en eau sera dévié vers d’autres barrages dans le cadre des grands transferts ».
Dans ce sillage, le président de la République s’est félicité du succès de la réalisation du plus grand projet de transfert d’eaux en Algérie de In Salah vers Tamanrasset, « une fierté pour notre pays ».
« D’une longueur de 750 km, le projet In Salah-Tamanrasset est unique en son genre au monde, exception faite les Etats-Unis », a affirmé le Président Tebboune.
Synthèse R.E

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