Adhésion de la Palestine à l’ONU: L’Algérie relance l’initiative à New York

Dans un contexte de violence inédite à Ghaza et face à l’impasse prolongée du processus de paix, l’Algérie a une nouvelle fois réaffirmé sa position claire et constante en faveur de la cause palestinienne.

S’exprimant mardi au siège des Nations Unies, à l’occasion de la Conférence de haut niveau sur le règlement pacifique de la question palestinienne et la mise en œuvre de la solution à deux États, l’ambassadeur Amar Bendjama, Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, a défendu une feuille de route articulée autour de trois axes essentiels, réitérant l’urgence d’un cessez-le-feu immédiat à Ghaza et la reconnaissance pleine et entière de l’État de Palestine.
Dans son allocution, le diplomate algérien a d’abord souligné l’apparente contradiction d’un tel débat au moment où la bande de Ghaza est en proie à des bombardements massifs, à la famine et à un déplacement forcé de sa population. « Certains pourraient s’interroger sur la pertinence de cette réunion alors que nous assistons à la destruction de Ghaza », a-t-il reconnu. Mais, a-t-il insisté, c’est « dans les périodes les plus sombres qu’il faut rappeler les principes », citant l’exemple de la lutte algérienne pour l’indépendance comme preuve de la nécessité de résister à l’oppression avec détermination et persévérance.
Mettant en avant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, l’ambassadeur a rappelé que ce droit est non seulement légal et inaliénable, mais également profondément ancré dans l’histoire. Il a souligné à ce titre que l’État de Palestine avait été proclamé à Alger en 1988, marquant ainsi l’engagement historique de l’Algérie envers cette cause.
S’agissant de la marche à suivre, M. Bendjama a présenté une approche en trois étapes. D’abord, il a souligné que la promotion de la solution à deux États passe impérativement par l’admission de la Palestine comme État membre de plein droit de l’Organisation des Nations unies. Il a indiqué que l’Algérie a été la première et la seule à porter officiellement cette demande devant le Conseil de sécurité, en janvier dernier, et qu’elle est prête à renouveler cette initiative.
La deuxième étape, selon le diplomate, consiste en la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par tous les pays qui ne l’ont pas encore fait, appelant aujourd’hui l’ensemble de la communauté internationale à franchir le pas.
Enfin, la troisième étape évoquée par M. Bendjama concerne les conditions de vie des Palestiniens eux-mêmes. Il a appelé à leur permettre de rester sur leur terre, à s’opposer à tout projet de déplacement forcé, à protéger les territoires palestiniens, à criminaliser la colonisation israélienne et à mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de violations du droit international.
Toutefois, a-t-il averti, aucune avancée ne saurait être envisagée sans l’instauration préalable d’un cessez-le-feu immédiat, durable et inconditionnel à Ghaza. Ce cessez-le-feu doit s’accompagner de l’acheminement rapide de l’aide humanitaire, afin d’éviter que des enfants ne meurent de faim sous le regard du monde.
En conclusion, l’ambassadeur Bendjama a rappelé la position ferme du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a maintes fois affirmé que l’Algérie restera solidaire de la Palestine jusqu’à ce que le peuple palestinien recouvre l’ensemble de ses droits légitimes.
R.N

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