Dans un discours à la Nation: Tebboune dresse son bilan

Le président de la République a affirmé, lundi, qu’il œuvrait pour la consécration des droits de tous les Algériens sur l’ensemble du territoire
national. Dans un discours à la Nation, prononcé devant les deux chambres du Parlement au Palais des Nations (Alger), le président de la République a précisé qu’il œuvrait pour que chaque citoyen algérien jouisse pleinement de ses droits « de Timiaouine à Hydra ».
Le Président Tebboune a également souligné l’intérêt qu’il a toujours porté aux zones d’ombre, à propos desquelles il a dit : « je n’ai jamais abandonné les zones d’ombre, depuis que j’étais un simple responsable ». A ce propos, il a affirmé que 80% des décisions visant à améliorer la situation des zones d’ombre avaient été effectivement mises en œuvre, ajoutant que « le travail se poursuit pour rattraper tous les retards résultant de politiques antérieures ayant conduit à la propagation de telles zones ». Il a, en outre, indiqué que « six millions de citoyens algériens ont vécu dans des conditions qui auraient dû être dépassées depuis l’indépendance », expliquant que « la non-application des décisions ayant été données pour améliorer la situation des zones d’ombre est à l’origine du récent limogeage de plusieurs responsables locaux ». « Etre au service du citoyen algérien c’est renforcer son sentiment d’appartenance à sa patrie », a soutenu le Président Tebboune, assurant qu’il « ne s’agit pas de slogans populistes, mais d’une question de principe ».
Le président de la République a consacré une partie de son discours à la jeunesse, adressant ses remerciements à ceux qui « n’ont pas exagéré dans la demande de l’allocation chômage », affirmant à ce propos qu’il avait « une confiance aveugle dans notre jeunesse et dans le Conseil supérieur de la jeunesse qui la représente ».
Le président de la République s’est dit, par ailleurs, fier d’être présent devant les représentants du peuple qui constituent le Parlement algérien d’aujourd’hui, qu’il a qualifié de « premier jalon de l’Algérie nouvelle ».
« Je témoigne de votre intégrité et du fait que vous représentez le premier Parlement élu loin de l’argent sale et de l’argent en général », a-t-il souligné. « Nous instaurons aujourd’hui une tradition louable où le Premier responsable du pays adresse un discours annuel au peuple devant les deux chambres du Parlement », a-t-il ajouté, rappelant « avoir érigé le dialogue constructif en culture de gestion de la chose publique ».
Evoquant la période d’avant 2019, le Président Tebboune a précisé que si « la gouvernance s’est détériorée, la corruption s’est répandue et la vie politique a été altérée », la cohésion du peuple avec l’armée a permis de « déjouer les plans visant à déstabiliser l’Algérie ».
Le jeu des résidus de la Issaba
Il a révélé que « les résidus de la Issaba » avaient provoqué la pénurie des produits alimentaires et des liquidités, dans une tentative de déstabilisation et de démoralisation des citoyens pour saper leur relation de confiance avec l’Etat en rappelant que « ces agissements s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du plan tracé pour l’Algérie avant l’élection présidentielle, celui de ladite période transitoire pour rejoindre les pays arabes et étrangers déstabilisés à ce jour ».
« Par le passé, les crédits bancaires ont atteint, des années durant, 5.000 milliards de dinars, dont seulement 10% ont été remboursés, car tout était transféré vers l’étranger », a fait savoir le Président Tebboune, annonçant la récupération de plus de 30 milliards de dollars entre biens immobiliers, unités industrielles et sommes d’argent.
« La lutte contre toutes les formes de corruption et la récupération des fonds détournés au peuple sous le règne de la Issaba (bande) a permis la récupération de plus de 30 milliards de dollars entre biens immobiliers, unités industrielles et sommes d’argent », a-t-il indiqué.
Il a, par ailleurs, rappelé que la crise ukrainienne avait impacté la situation économique mondiale fragilisée, entraînant une augmentation vertigineuse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, soutenant que malgré ces conditions ayant conduit à la détérioration de la situation politique, économique et sécuritaire dans le voisinage direct de l’Algérie, « nous n’avons ménagé aucun effort pour imprimer la dynamique nécessaire à la mise en œuvre de notre programme ».
Le président de la République a précisé que la mise en œuvre de son programme avait commencé par « les réformes constitutionnelle et politique pour consolider l’Etat de droit et protéger les institutions étatiques contre toute dérive, en passant par les réformes économiques en profondeur pour diversifier l’économie, jusqu’à la consécration effective du caractère social de l’Etat et l’amélioration du niveau de vie des citoyens ».
En ce qui concerne ses 54 engagements électoraux, le président Tebboune a souligné que, « pour la première fois, un candidat à la Présidentielle formule ses engagements », faisant remarquer qu' »il ne s’agit pas de simples paroles de sorte que quiconque entend nous demander des comptes puisse le faire ».
Il a également évoqué les divers défis rencontrés dans l’application de son programme, notamment la pandémie de Covid-19 « dont nous avons géré la crise avec succès et où l’Armée nationale populaire a joué un rôle considérable », adressant ses remerciements également à « l’armée blanche » pour les sacrifices de tous les corps médicaux durant cette crise sanitaire.
Par ailleurs, le président de la République a rappelé les réalisations en matière de promotion de la justice constitutionnelle et les différentes réformes législatives, avec « la mise en place d’une nouvelle génération d’instances ».
Concernant les membres de la communauté nationale établie à l’étranger, le président Tebboune a réaffirmé qu’ils étaient « au centre » de ses préoccupations, assurant que « toutes les portes leur sont ouvertes ».
