Mort en mer lors d’une traversée clandestine :Jusqu’à 20 ans de réclusion pour les organisateurs

Le tribunal criminel d’Oran a rendu son verdict dans une affaire d’émigration clandestine. N. Nasreddine a été condamné à dix ans de réclusion, tandis que Sh. Sami a écopé de six mois de prison avec sursis pour complicité. Quant à N. Mahdi, il a été condamné par contumace à vingt ans de réclusion, et un mandat d’arrêt a été émis à son encontre.
Les faits remontent au 20 septembre 2022, lorsque B.Z., mère du défunt B. Sofiane, a déposé plainte auprès du parquet d’Arzew pour le meurtre de son fils, accusant les organisateurs de voyages clandestins, notamment N. Nasreddine et N. Mahdi. Selon elle, un certain Amer Al-Staïfi, résidant en France, l’a informée de la diffusion de deux vidéos dans lesquelles il était affirmé que N. Mahdi et N. Nasreddine auraient giflé puis noyé son fils en mer. Lors de l’enquête, la sœur de la victime a déclaré que Sh. Hamza lui avait rapporté des propos de son frère, présent sur la même embarcation clandestine, selon lesquels N. Mahdi aurait étranglé B. Sofiane en mer. Lorsque la victime aurait supplié qu’on lui apporte de l’aide, il lui aurait répondu : «Ce n’est pas ton frère».
Lors de son arrestation, N. Mahdi a affirmé avoir émigré illégalement avec ses beaux-parents, son épouse Sh. Samia, son frère N. Nasreddine, le défunt B. Sofiane ainsi que deux autres personnes non identifiées. Parti d’Arzew, depuis la plage de Cap Carbon, il a expliqué que B. Sofiane pilotait le bateau. En cours de route, ils ont manqué d’essence, ce qui les a contraints à pousser le bateau. La mer agitée a alors séparé certains passagers du bateau, et ils ont été secourus par un navire de la marine espagnole. Il a contesté les accusations d’Amer Al-Staïfi, estimant qu’elles n’étaient pas fondées. A l’audience, N. Nasreddine a nié être organisateur et s’est présenté comme simple migrant. Sh. Samia, quant à elle, a affirmé qu’elle préparait un départ clandestin avec son mari. Elle a nié les accusations portées par son frère, expliquant qu’elle était enceinte au moment des faits et que c’est la victime qui conduisait le bateau. Lorsque l’essence s’est épuisée, ils l’auraient laissée à bord pendant qu’ils poussaient le bateau. En raison des mauvaises conditions météorologiques, le bateau a coulé, mais elle a nié toute responsabilité dans la mort de B. Sofiane.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a requis quinze années de réclusion criminelle pour les accusés présents à l’audience et vingt ans pour le fugitif. Les avocats de la défense ont, eux, plaidé la non-culpabilité de leurs clients.
Zemmouri L.

 

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