EHUO : La légionellose, une menace estivale silencieuse

En cette période estivale, il y a une maladie infectieuse qui inquiète les autorités sanitaires : la légionellose. Avec l’augmentation des températures et l’utilisation accrue des systèmes de climatisation et de douche, le risque de légionellose est plus élevé en été. Les autorités sanitaires appellent donc à redoubler de prudence, rappelant que la bactérie se combat avant tout à la source.

Le docteur Belatoui, spécialiste à l’unité de virologie du laboratoire de microbiologie de l’EHU d’Oran, a lancé une vaste campagne de sensibilisation afin d’informer la population sur les dangers de cette maladie bactérienne et les gestes simples pour s’en protéger. La légionellose est provoquée par la Legionella pneumophila, une bactérie d’origine hydro-tellurique qui prospère dans l’eau tiède. Elle se développe dans les réseaux d’eau douce, qu’ils soient naturels ou artificiels, et trouve un terrain favorable dans les eaux dont la température oscille entre 25°C et 47°C. Les climatiseurs mal entretenus, les douches, les robinets, les spas, les fontaines ou encore les stations de lavage automobile sont autant de lieux où elle peut proliférer.
La contamination se produit principalement par inhalation de fines gouttelettes d’eau contaminée, en suspension dans l’air. Une autre espèce, la Legionella longbeachae, peut se transmettre via l’inhalation de poussières de terreau. Les signes de la maladie, qui peuvent passer inaperçus au début, sont la fatigue, les maux de tête, la fièvre, la toux sèche, les douleurs musculaires ou thoraciques. Dans les cas graves, des troubles neurologiques et digestifs peuvent apparaître. Seuls des examens microbiologiques permettent de confirmer le diagnostic. La recherche d’antigènes urinaires est aujourd’hui la méthode la plus utilisée, bien qu’elle ne détecte qu’un type précis de la bactérie (Legionella pneumophila sérogroupe 1).
Selon le Dr Belatoui, la prévention repose sur trois axes : éviter la stagnation de l’eau et assurer une bonne circulation dans les installations. Limiter l’entartrage et la corrosion grâce à un entretien régulier adapté à la qualité de l’eau. Maintenir une température d’au moins 55°C dans les systèmes d’eau chaude, car au-delà de 60°C, la bactérie est détruite.
En cas d’infection, un traitement à base de macrolides doit être administré rapidement pour éviter les complications. «La meilleure arme reste la vigilance et l’entretien rigoureux des réseaux d’eau», insiste le Dr Belatoui.
G. Salima

Bouton retour en haut de la page