Retour de l’ambassadeur français en Algérie : Est-ce la fin de la crise diplomatique ?

La France a annoncé ce vendredi 8 mai le retour de son ambassadeur en Algérie, Stéphane Romatet, rappelé à Paris en avril 2025. Il est arrivé à Sétif aux côtés de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, pour une visite symbolique sur les lieux des massacres du 8 mai 1945.
Ce déplacement marque une étape importante dans le réchauffement des relations entre Paris et Alger. Dans un communiqué, l’Élysée a précisé que « cette démarche témoigne de la volonté du président de la République de traiter des relations entre la France et l’Algérie avec honnêteté, dans le respect de toutes les mémoires qui y sont liées. La lucidité avec laquelle la France regarde l’histoire doit aujourd’hui permettre de nouer des relations confiantes et prometteuses pour l’avenir, dans l’intérêt même des peuples français et algérien. »
L’Élysée rappelle qu' »alors même que les Français célébraient leur libération, la répression des manifestations dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata durait plusieurs semaines et faisait des milliers de victimes. »
Alice Rufo devait être reçue par les autorités algériennes pour évoquer les prochaines étapes de la consolidation des relations bilatérales et transmettre « l’appréciation du président pour la reprise de la coopération consulaire, sa volonté d’amplifier les résultats déjà obtenus et de restaurer un dialogue efficace».
Ce geste s’inscrit dans une série de signaux de dégel. Le président Emmanuel Macron avait récemment dénoncé « tous les mabouls qui veulent se fâcher avec l’Algérie », défendant la coopération avec les médecins algériens en France et marquant sa volonté de mettre fin aux discours hostiles à Alger.
Depuis février, les signes d’apaisement se multiplient : visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière, rencontre entre les ministres des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, et déplacement à Alger d’Anne-Claire Legendre, nouvelle directrice de l’Institut du monde arabe.
La crise avait éclaté à l’été 2024 après le soutien de Paris à un plan d’autonomie pour le Sahara occidental, puis s’était aggravée avec l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal (gracié en 2025) et la mise en examen d’un agent consulaire algérien en France.
Un dossier reste toutefois sensible : celui du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». L’Élysée a assuré accorder une « attention prioritaire » à son cas, alors que sa famille espère une grâce présidentielle. En effet, le collaborateur de So Foot et Society a retiré son pourvoi en cassation formé après la confirmation en appel de sa peine de prison. Les proches de Christophe Gleizes comptent également sur le réchauffement climatique opéré ces dernières semaines entre les deux pays.
G. Salima
