15 ans de réclusion à Oran : Un homicide maquillé en crime d’honneur

Accusé d’homicide volontaire, B.M.A., âgé de 27 ans, a comparu devant le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran. À l’issue des délibérations, l’accusé a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ami.
Les faits de cette tragique affaire remontent au 10 septembre 2025. Ce jour-là, les services de police sont alertés par les urgences du CHU d’Oran suite à l’admission de deux jeunes gens présentant de graves blessures : le mis en cause lui-même et le dénommé B.S.A. Si le premier a été dirigé vers les urgences de l’EHU, la victime, dont l’état était jugé critique, a été immédiatement transférée au bloc opératoire. Malheureusement, le lendemain matin, vers 7h30, le décès de B.S.A. était constaté.
Une enquête a été diligentée par les services de la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Oran. Interrogée par les enquêteurs, la sœur adoptive de la victime a déclaré avoir entendu des cris à l’extérieur le soir du drame, aux environs de 20h30. En sortant de chez elle, elle s’est retrouvée face au mis en cause, lequel brandissait un grand couteau. Ce dernier lui aurait alors froidement lancé qu’il venait de tuer son frère, justifiant son acte par une question d’honneur : il reprochait à la victime d’avoir « détourné » sa sœur pendant trois jours, pensant que l’affaire resterait secrète.
Une fois arrêté et confronté aux éléments de l’enquête, l’accusé est passé aux aveux. Il a expliqué que sa jeune sœur, âgée de 17 ans, avait disparu du domicile familial et qu’il l’avait recherchée activement pendant plusieurs jours. C’est après que sa sœur aînée lui a rapporté l’avoir vu en compagnie de la victime, qu’il a décidé de s’armer d’un couteau pour en découdre. La rencontre a tourné au massacre. Lors de la violente dispute qui a éclaté, le mis en cause a asséné d’emblée plusieurs coups de couteau à la victime, l’atteignant en différentes parties du corps. Pour se défendre, cette dernière, également munie d’une lame, a riposté en blessant son agresseur, tandis que des amis de la victime tentaient d’intervenir en jetant des pierres sur l’assaillant.
Devant le tribunal criminel, le prévenu a maintenu ses déclarations, affirmant avoir agi sous l’emprise d’une colère aveugle, déclenchée par le sentiment que son honneur avait été bafoué. Également entendue, la jeune sœur du mis en cause a pourtant livré une version différente, expliquant que la victime lui avait proposé à plusieurs reprises de sortir avec lui, ce qu’elle avait toujours refusé. Elle a insisté sur le fait qu’aucune relation ne la liait à la victime, contrairement aux rumeurs colportées par certains voisins.
Le représentant du ministère public a qualifié ce crime de particulièrement sanglant et a requis la peine de mort contre l’accusé. De son côté, la défense a plaidé le crime d’honneur.
Zemmouri L.
