Environnement : Des quartiers étouffés par l’insalubrité

Si certains quartiers de la wilaya d’Oran offrent une image soignée et attrayante, d’autres sont confrontés à une insalubrité chronique. Décharges sauvages improvisées, bacs à ordures débordants, sacs en plastiques qui s’accumulent jusque devant les habitations ou les établissements scolaires…
Dans plusieurs zones, la pollution urbaine est devenue un élément banal du paysage. Le site n°18 du pôle urbain Ahmed Zabana en est un exemple frappant. Ce point de collecte, censé centraliser les déchets, s’est transformé au fil du temps en véritable décharge à ciel ouvert. Faute de bacs en nombre suffisant devant les immeubles, les ordures s’entassent, ternissant l’image de cette zone pourtant récente et abritant des milliers de logements. Les habitants, excédés, ont lancé hier un nouvel appel aux autorités municipales pour trouver une solution durable.
La cité Akid Lotfi, réputée pour ses restaurants et commerces modernes, illustre quant à elle le paradoxe oranais. Si une partie du quartier a bénéficié de luxueux aménagements qui en améliorent l’image, l’arrière-scène est moins reluisante : une décharge sauvage s’est installée entre le CEM Zech Tayeb et l’école primaire Bensmain Boumediene. Le terrain vague qui sépare les deux établissements est désormais un amoncellement d’ordures, au grand désarroi des parents d’élèves, inquiets pour la santé et le bien-être de leurs enfants à l’approche de la rentrée. «La situation est critique et continue de s’aggraver. Les déchets font partie intégrante du quotidien», déplore un parent. Les odeurs nauséabondes rendent l’air irrespirable, et les habitants dénoncent un problème de gestion chronique. «Les camions de collecte des déchets sont certes omniprésents et font un excellent travail avec des rotations régulières et irréprochables. Mais chaque immeuble devrait avoir ses propres bacs à ordures pour répartir les points de collecte et diminuer la pression sur ce site. La mauvaise gestion de la répartition des bacs à ordures engendre forcément des dépôts sauvages. Il faut donc multiplier les bacs à ordures devant tous les immeubles», insiste M. Keloud, résident de la cité.
Depuis près de deux décennies, Akid Lotfi subit une accumulation de nuisances : déchets, bruit de motos la nuit, … autant de problèmes qui traduisent un dysfonctionnement persistant dans la gestion urbaine. Les riverains, eux, attendent toujours un plan concret et pérenne pour rendre à leurs quartiers la propreté qu’ils méritent.
G. Salima
