Au cœur du processus de paix au Soudan du Sud : L’Algérie en première ligne de la diplomatie africaine

En sa qualité de présidente du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour le mois d’août, l’Algérie a dirigé une mission de haut niveau au Soudan du Sud du 10 au 12 août. Le rapport issu de cette visite, adopté lundi par le CPS, confirme l’importance stratégique de l’engagement algérien dans les efforts africains pour la consolidation de la paix et la stabilité sur le continent.
La délégation, menée par l’ambassadeur d’Algérie auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, a rencontré les plus hauts responsables sud-soudanais, dont le président Salva Kiir, ainsi que les principales parties prenantes politiques, sécuritaires et civiles. Les partenaires internationaux – Nations unies, Union européenne, Troïka (États-Unis, Royaume-Uni, Norvège), IGAD – ont également pris part aux consultations.
Cette immersion sur le terrain a permis au Conseil de mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’accord revitalisé de paix, tout en identifiant les obstacles qui menacent la transition, notamment à l’approche des élections prévues pour décembre 2026.
En adoptant le rapport de mission, le CPS a exprimé ses préoccupations face aux tensions politiques et sécuritaires persistantes. L’Algérie, à travers cette présidence, a plaidé pour un dialogue de haut niveau entre les parties sud-soudanaises, convaincue qu’il s’agit de la seule voie crédible pour surmonter les divergences et éviter un enlisement.
Ce positionnement s’inscrit dans la continuité de la diplomatie algérienne, historiquement active dans la médiation africaine – du Mali à la Libye – et fondée sur trois principes : respect de la souveraineté nationale, rejet des ingérences extérieures et promotion de solutions africaines aux crises africaines.
La mission au Soudan du Sud illustre également la volonté de l’Algérie de renforcer la centralité de l’Union africaine dans la gestion des conflits du continent. En insistant sur l’importance de respecter les délais de transition, Alger cherche à prévenir toute dérive qui pourrait compromettre l’organisation des élections et l’instauration d’une gouvernance stable et inclusive.
De plus, la décision du CPS de déployer une équipe technique d’évaluation répond à une démarche pragmatique soutenue par l’Algérie : identifier précisément les besoins du pays en matière de sécurité, de réforme institutionnelle et d’organisation électorale. Cette approche vise à fournir des solutions adaptées, évitant les initiatives improvisées ou déconnectées de la réalité locale.
Le rôle de l’Algérie tire sa force de sa réputation de médiateur impartial et de sa longue expérience dans la résolution des conflits. Loin de rechercher une influence unilatérale, Alger privilégie la légitimité collective des mécanismes africains. Cette posture lui permet de gagner la confiance des acteurs locaux et d’apparaître comme un facilitateur crédible, plutôt qu’un acteur imposant ses propres intérêts.
L’avenir du processus de paix au Soudan du Sud demeure fragile. Tout retard supplémentaire risquerait de compromettre les acquis de l’accord revitalisé, de retarder les élections et de raviver les tensions communautaires. L’Algérie, en tant que chef de file de cette mission, entend maintenir la pression diplomatique pour accompagner la transition jusqu’à son terme, prévu en février 2027.
M. Salah
