Éco-tourisme : Vers une stratégie ambitieuse ?

Face à une demande croissante pour des voyages responsables, Oran, la radieuse, possède tous les atouts pour devenir une destination phare de l’éco-tourisme en Méditerranée.

Ses plages, son patrimoine historique et ses espaces naturels proches, comme le parc national de Murdjadjo, constituent un terreau fertile. Mais pour y parvenir, une feuille de route précise s’impose. Des initiatives prometteuses existent, mais elles sont encore isolées. Ces dernières années, des frémissements sont perceptibles. L’aménagement de sentiers de randonnée pédestre et VTT sur les hauteurs de Murdjadjo, permettant de découvrir une biodiversité préservée, est un premier pas.
Quelques acteurs locaux proposent également des expériences authentiques : agrotourisme dans les fermes à Misserghine, découverte de l’artisanat local ou promotion d’une gastronomie à base de produits régionaux. Cependant, ces actions restent souvent le fait de passionnés et manquent de coordination et de visibilité à grande échelle.
Quels sont les mécanismes à mettre en œuvre pour structurer l’offre ? La promotion d’un éco-tourisme durable à Oran nécessite la mise en place d’une stratégie concertée. « Plusieurs leviers sont indispensables : il s’agit d’abord d’une gouvernance dédiée par la création d’un comité regroupant les autorités locales, les professionnels du tourisme, les associations environnementales et les universitaires pour définir une vision commune et un label ‘‘Oran Éco-Tourisme’’ », plaide M. Achouri, enseignant spécialiste en développement durable à l’université d’Oran. « Il est aussi crucial de protéger les sites naturels de la pression urbaine et de la pollution tout en les rendant accessibles via un éco-aménagement respectueux (signalétique, sentiers balisés, gestion des déchets) », souligne M. Achouri.
Ce dernier insiste également sur « la nécessité de la formation des acteurs du secteur (hôteliers, guides, restaurateurs) aux pratiques éco-responsables (gestion de l’eau, des énergies, valorisation des circuits courts) ». Pour cet universitaire, « la clé du succès réside dans la nécessité de démontrer la viabilité économique de l’éco-tourisme pour attirer les investisseurs ». Pour lui, « la stratégie doit s’articuler autour d’incitations financières en mettant en place des avantages (allégements fiscaux, terrains en concession, appels à projets spécifiques) pour les projets respectant des cahiers des charges stricts (construction écologique, intégration paysagère, emploi local) ».
L’autre point évoqué par cet universitaire est « l’importance de mener des études de marché solides permettant de présenter des données concrètes sur le potentiel de retour sur investissement et la demande réelle pour ce type de séjour ». L’idée est de concevoir des modèles rentables par la promotion des success stories et créer des packages d’investissement clés en main pour des projets comme des éco-constructions, des centres de thalasso naturelle ou des fermes pédagogiques. Ainsi, l’éco-tourisme représente pour Oran une opportunité unique de se différencier, de créer des emplois durables et de préserver son patrimoine naturel. La synergie entre une volonté politique affirmée, un secteur privé visionnaire et une société civile engagée sera le moteur de cette transition verte nécessaire. Le temps est venu de faire briller Oran sous les couleurs du développement durable.
G. Salima

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