Fraude au Bac 2025: Les premières condamnations tombent

Commencé dimanche dernier, le baccalauréat 2025 dresse un premier bilan des fraudes recensées. Ainsi, les tribunaux de Laghouat, Aflou et Aïn Madhi ont prononcé des peines de prison ferme à l’encontre de 15 personnes reconnues coupables d’atteinte à l’intégrité et au bon déroulement des épreuves de l’examen. L’information a été donnée, hier, par les procureurs de la République auprès de ces juridictions.
Selon les mêmes sources, ces affaires ont été jugées en procédure de comparution immédiate, et ont abouti à des condamnations en audience publique. Les peines varient entre une année de prison ferme assortie d’une amende de 200.000 dinars et six mois de prison ferme avec une amende de 100.000 dinars.
Les poursuites judiciaires font suite à des enquêtes urgentes menées en marge des examens, après la détection de tentatives de triche et de fuite de sujets via des moyens de communication modernes.
Les procureurs ont précisé que les personnes impliquées ont été identifiées pour leur rôle dans la diffusion des sujets du baccalauréat sur les réseaux sociaux, en violation flagrante des articles 253 bis 6 et 253 bis 7 du Code pénal algérien, relatifs aux infractions portant atteinte aux examens officiels.
Par ailleurs, les tribunaux d’Annaba, El Oued, M’sila et Chlef ont prononcé, lundi derniers, plusieurs mandats de dépôt et condamnations pécuniaires contre des individus impliqués dans des affaires similaires. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne nationale visant à préserver l’intégrité des examens officiels.
Dans un communiqué, le procureur de la République près le tribunal d’Annaba a confirmé l’arrestation de plusieurs suspects, accusés d’avoir diffusé les réponses d’examens finaux à l’aide de moyens de communication numériques. Les mis en cause, identifiés comme B.R., D.N., Ch.Y. et A.Y., ont été déférés devant la justice en comparution immédiate. Le procès, reporté au 22 juin 2025, a vu quatre personnes placées en détention provisoire, tandis qu’une autre est sous contrôle judiciaire.
La justice a également tranché dans une affaire identique à El Oued. Une candidate, B.M., a été arrêtée le 15 juin pour avoir publié les réponses de l’épreuve d’arabe sur un réseau social. Présentée le lendemain devant le parquet, elle a été condamnée à 18 mois de prison, dont six mois avec sursis, et 100.000 DA d’amende. Elle a été écrouée immédiatement à l’audience. L’enquête reste ouverte pour identifier d’éventuels complices.
La même journée à M’sila, une affaire de fuite du sujet de mathématiques a mené à l’arrestation de B.A., et sa sœur B.S. Présentés devant le tribunal, ils ont été condamnés à 12 mois de prison ferme et une amende de 100.000 DA chacun. Le frère a été immédiatement incarcéré.
Le tribunal de Chlef a, pour sa part, jugé L.H., et L.W., pour publication de sujets et tentative de diffusion de réponses par voie électronique. Elles ont été reconnues coupables en vertu des articles 253 bis 6, 253 bis 7 et 31 du Code pénal. La cour les a condamnées à 18 mois de prison ferme, 100.000 DA d’amende chacune, avec confiscation du matériel saisi.
Cette vague de condamnations s’inscrit dans le cadre de la stratégie de lutte contre la fraude mise en place par les autorités judiciaires et éducatives, afin de préserver la crédibilité du système d’évaluation national. Les parquets concernés ont réaffirmé leur fermeté à l’égard de toute tentative de triche, notamment dans les concours et examens officiels.
T. Feriel
