Chantage aux visas « ordinaires »: Alger convoque le chargé d’affaires français

Le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger a été convoqué mercredi au siège du ministère algérien des Affaires étrangères, à la suite d’un communiqué de la représentation diplomatique française jugé « inacceptable » par les autorités algériennes.
Selon un communiqué officiel, l’Algérie reproche à l’ambassade de France d’avoir publié un texte «tendancieux » s’adressant directement à l’opinion publique algérienne au sujet du différend sur l’accréditation de diplomates et de consuls français. Le ministère souligne que cette démarche « viole l’esprit et la lettre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 ».
En effet, l’ambassade de France en Algérie, a annoncé, ce mardi 26 août dans un communiqué, une réduction « significatives » de ses effectifs et ceux des consulats d’Alger, Oran et Annaba, dès le 1er septembre. Cette décision aura un impact direct sur le traitement des demandes de visas, qui seront désormais limitées, avec une priorité donnée aux renouvellements et aux dossiers d’étudiants, a-t-on précisé.
La représentation diplomatique française évoque comme justification de cette décision le contexte de crise entre l’Algérie et la France, imputant la responsabilité de cette situation à Alger.
Alger rappelle que la non-accréditation d’agents diplomatiques français est intervenue en réponse à une décision similaire de Paris, dans le cadre du principe de réciprocité. À ce jour, trois consuls généraux, six consuls et 46 agents diplomatiques algériens attendent toujours leurs accréditations pour rejoindre la France.
Cette situation, qualifiée de « délibérée et calculée » par le ministère, porte préjudice aux ressortissants algériens établis en France, en limitant l’accès aux prestations consulaires et en affaiblissant leur protection.
Les autorités algériennes accusent par ailleurs Paris de pratiquer un « chantage aux visas », après avoir déjà dénoncé en 2023 l’accord bilatéral de 2013 sur l’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques. Alger estime que la France a ouvert une « seconde phase » de pressions, cette fois sur les passeports ordinaires, en recourant à des pratiques de « marchandage et d’intimidation ».
T. Feriel

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