La ville frappée par les vents de sable: Le défi climatique des haboobs

Comme de nombreuses villes du pays, Oran est régulièrement frappée par des épisodes de vents de sable, transformant son ciel bleu en un voile ocre épais et son air en un cocktail difficilement respirable. Un phénomène récurrent qui étouffe la ville, menace la santé publique et interroge sur les solutions à long terme.
Le Dr Zinoubi, climatologue à l’université d’Oran, explique la mécanique de ce phénomène. «Les vents de sable, ou ‘haboobs’, qui affectent Oran sont principalement générés par le sirocco, un vent chaud et sec en provenance du Sahara», détaille l’expert. «Il se produit lorsque de fortes rafales soulèvent d’énormes quantités de particules fines de sable et de poussière depuis des surfaces sèches et érodées. Ces particules sont ensuite transportées sur des centaines de kilomètres par les courants atmosphériques. L’intensité et la fréquence de ces épisodes semblent exacerbées par la désertification et la hausse des températures liées au changement climatique, qui assèchent davantage les sols et les rendent plus vulnérables à l’érosion éolienne».
Face à cette recrudescence, la seule réponse ne peut être uniquement curative et recommandée aux habitants de se calfeutrer. La solution est fondamentalement préventive et passe par la nature elle-même. M. Berrahou, expert forestier, défend une approche basée sur l’écosystème. «Les solutions face au vent de sable incluent la restauration de la végétation par la plantation d’arbres, l’agroforesterie et la gestion durable des terres, des pratiques qui stabilisent les sols et réduisent l’érosion», explique-t-il. Concrètement, cela se traduit par le renforcement des ceintures vertes autour de la ville et la promotion de pratiques agricoles qui préservent le couvert végétal. «Les arbres et les buissons agissent comme un brise-vent naturel et leurs racines fixent le sol, empêchant le sable de se soulever. Chaque hectare restauré est une barrière supplémentaire contre l’avancée du désert».
Alors qu’Oran retient son souffle à chaque nouvelle alerte, le travail de fond pour lui redonner de l’air mobilise ainsi scientifiques et forestiers. Leur credo : pour lutter contre le sable du désert, il faut faire pousser des arbres tous azimuts.
G. Salima
