Lancement officiel de la stratégie nationale pour le safran : L’Algérie mise sur l’or rouge

 

Dans une démarche ambitieuse visant à diversifier l’agriculture nationale et à valoriser les produits à haute rentabilité, l’Algérie a officiellement lancé sa stratégie nationale d’organisation, de développement et de généralisation de la culture du safran.

Ce plan, dévoilé à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) d’Alger, a été présidé par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, aux côtés de son homologue de l’Agriculture, Youcef Cherfa.
Surnommé « l’or rouge », le safran est l’épice la plus chère au monde, avec des prix pouvant atteindre jusqu’à 30 000 dollars le kilogramme sur les marchés internationaux. Très prisé dans les industries pharmaceutique, cosmétique et gastronomique, le safran est reconnu pour ses vertus médicinales : antioxydant puissant, stimulant de l’humeur, et même utilisé dans le traitement de certaines affections neurodégénératives. Sa culture, bien que délicate, représente une opportunité économique majeure pour les pays producteurs.
Selon M. Baddari, cette initiative s’inscrit dans le programme du président Abdelmadjid Tebboune, qui vise à bâtir une agriculture innovante, fondée sur les résultats de la recherche scientifique et génératrice de valeur ajoutée. Le ministre a annoncé le lancement officiel de la campagne de plantation du safran, soulignant son potentiel socioéconomique considérable.
La stratégie repose sur la valorisation de la recherche agricole et amélioration de la productivité ; le développement de semences adaptées aux climats algériens ; la création d’industries de transformation du safran et la commercialisation à l’échelle locale et internationale.
Une convention de coopération a été signée entre les institutions de recherche et les organismes agricoles, notamment l’ENSA, le CRSTRA, l’INRF et le CNCC. Cette alliance vise à valider les itinéraires techniques de culture, garantir la qualité des semences, et assurer la formation des producteurs.
M. Cherfa a salué cette première étape vers la relance d’une filière à forte valeur ajoutée, mettant en lumière les efforts des chercheurs, des formateurs et des producteurs qui ont déjà commencé à expérimenter la culture du safran dans plusieurs wilayas du pays.
La visite de la ferme centrale de l’ENSA a permis aux ministres de constater les avancées concrètes du projet, avec le lancement symbolique de la plantation de bulbes. Si les ambitions se concrétisent, l’Algérie pourrait bientôt se positionner comme un acteur incontournable sur le marché mondial du safran, tout en renforçant son autosuffisance agricole et son rayonnement économique.
G. Salima

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