Avortements clandestins! : Deux médecins condamnés en appel
La chambre pénale de la Cour d’Oran a récemment jugé une affaire sensible impliquant cinq personnes poursuivies pour avortements clandestins, création d’un cabinet médical sans autorisation et complicité. Parmi les principaux mis en cause figurent un dermatologue, une généraliste et une infirmière.
Au terme du procès, le dermatologue a été condamné à trois ans de prison ferme, tandis que la généraliste en a écopé de quatre. Lors du premier jugement en instance, les deux avaient respectivement été condamnés à trois et cinq ans de prison ferme. Deux autres prévenus, poursuivis pour complicité, avaient également été condamnés à des peines de prison ferme, confirmées en appel.
Les faits remontent à décembre 2024, lorsque la police judiciaire a été alertée sur la commercialisation de comprimés abortifs via des réseaux sociaux. Les investigations ont conduit à l’interpellation d’une femme, H.N., au rond-point d’El Bahia, en possession de quatre comprimés de marque Cytotec ainsi que de 6 000 dinars.
Lors de son audition, H.N., a avoué avoir elle-même recherché, dès 2022, des vendeurs de ces médicaments sur Facebook, après avoir été confrontée à une grossesse non désirée. C’est à cette occasion qu’elle aurait rencontré un certain Nasro, qui lui avait fourni les premiers comprimés. De fil en aiguille, elle s’est retrouvée intégrée à un circuit de revente, engrangeant des bénéfices estimés entre 10 000 et 20 000 dinars.
Les investigations ont ensuite mené à l’arrestation du fameux Nasro, identifié comme étant B.Kh., gérant d’une page Facebook dédiée à la vente de ces comprimés. Ce dernier a reconnu avoir agi sous les directives de la généraliste mise en cause.
Le réseau ne se limitait pas à la vente de médicaments : selon les éléments de l’enquête, il s’étendait également à des interventions clandestines, allant jusqu’à des opérations de « réparation de la virginité ».
Devant la cour d’appel, les mis en cause ont, dans leur majorité, reconnu les faits, tout en tentant de minimiser leur implication. Chacun a cherché à faire porter la responsabilité à l’autre, multipliant les accusations croisées.
Zemmouri L.
