Cadre de vie ز Des trottoirs rendus aux piétons

À Oran, fini les trottoirs accaparés par les commerces. Depuis quelques jours, plusieurs communes de la wilaya mènent une vaste opération pour restituer l’espace piéton aux citoyens, sur instruction du wali, Samir Chibani.
À Bir El Djir, les services communaux ont donné le coup d’envoi d’un programme ciblant les occupations anarchiques : matériaux de construction, étals improvisés, mobiliers ou encore tables de cafés et restaurants. Peu à peu, ces pratiques s’étaient banalisées, contraignant les passants à marcher sur la chaussée, avec à la clé un risque accru d’accidents, parfois mortels.
« Les trottoirs appartiennent d’abord aux citoyens. Les piétons doivent pouvoir circuler en toute sécurité », insiste un responsable de la commune. Désormais, les contrevenants s’exposent à une application stricte de la loi : avertissements verbaux, suivis d’injonctions écrites. En cas de récidive, le dossier est transmis aux tribunaux.
La réglementation prévoit toutefois des dérogations encadrées. Un commerçant peut obtenir une autorisation d’occupation temporaire, à condition que la largeur du trottoir dépasse quatre mètres et qu’un passage suffisant reste réservé aux piétons. La décision revient à la commune, en coordination avec les services de sécurité et du commerce.
Cette campagne rappelle les actions menées en 2024, lorsque les autorités avaient démoli plusieurs extensions illégales sur les grandes artères de la ville. Certains restaurateurs avaient alors intégré les trottoirs à leurs établissements, provoquant embouteillages et insécurité pour les piétons, notamment dans les quartiers de Colonel Lotfi, Es-Sénia et El-Salam.
Pour les habitants, l’opération est une bouffée d’air : « Nous en avions assez de devoir marcher sur la route au milieu des voitures », confie un riverain de Bir El Djir. Mais chez les commerçants, l’inquiétude demeure : « Les trottoirs nous permettent d’attirer la clientèle. Sans cela, nos ventes vont chuter », estime le propriétaire d’un café. Entre droit au commerce et droit à la circulation, les autorités ont tranché : le trottoir reste un espace public inaliénable, et la sécurité des piétons une priorité absolue.
Khaled Boudaoui
