Lecornu succède à Bayrou : Quid des relations avec Alger ?

Alors qu’il avait évoqué une nomination dans les «tout prochains jours», Emmanuel Macron n’a pas traîné avant de trouver le successeur du désormais ex-Premier ministre François Bayrou. Un proche parmi les proches.

En effet, Sébastien Lecornu, 39 ans, ministre de la Défense dans le gouvernement Bayrou, a été nommé, mardi, à peine quelques heures après la démission du président du Modem.
A la tête de Matignon, il aura la lourde tâche de former un gouvernement « consensuel » et de faire adopter le budget, histoire de donner un peu plus d’air au locataire de l’Elysée.
Vue d’Alger, cette nomination sera certainement surveillée de près pour l’avenir des relations bilatérales puisque, sous la férule de Bayrou, elles ont été pour le moins tendues. Plusieurs dossiers, toujours en suspens, les avaient empoisonnées dont la crise majeure autour de l’accord de 1968 ainsi que les tensions migratoires et diplomatiques. Alger avait constamment fait prévaloir son droit à la réciprocité, inculquant des leçons de diplomatie à Paris.
Le profil du tout nouveau Premier ministre français ne présage pas, à priori, d’une détente dans les relations bilatérales. Sa proximité supposée avec des idées conservatrices pourrait crisper Alger, notamment sur la question mémorielle et migratoire. Appelé à se prononcer sur ces mêmes relations, il avait appelé, en janvier dernier, à « refonder la relation » franco-algérienne, tout en regrettant, selon lui, les « dérives » du gouvernement algérien et les usages politiques de l’« anti-francisme » dans l’arène intérieure algérienne.
Pour l’Algérie, la ligne conductrice est claire. Sous Lecornu ou un autre Premier ministre, la relance d’un dialogue bilatéral ne sera pas spontanée. Il devra être soutenu par des garanties claires : dossier du Sahara occidental, respect mutuel et absence d’instrumentalisation politique des relations pour des intérêts électoraux.
Pour le moment, la composition du gouvernement de Lecornu devra donner un éclairage sur les intentions de Matignon et la participation d’un profil identique à celui de Retailleau suffira à dire dans quel sens va regarder l’ancien ministre de la Défense.
S.O

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