Démocratie participative : Donner plus de poids au citoyen

Dans le cadre de la concrétisation des engagements du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur d’une gouvernance plus inclusive, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a mené, entre janvier et juin 2025, une vaste étude sur la démocratie participative au niveau local.
Cette initiative vise à poser les fondations d’un cadre réglementaire global pour structurer les instances participatives dans les communes et renforcer le rôle des citoyens dans la gestion des affaires publiques.
Intitulée « La démocratie participative au niveau local : opportunités et défis », l’étude a été pilotée par la Direction de la gouvernance locale. Elle s’inscrit dans une dynamique nationale visant à associer pleinement les citoyens à l’activité publique, notamment à travers des mécanismes de concertation entre les autorités locales et les habitants. Cette démarche, selon le ministère, reflète la volonté présidentielle de faire de la participation citoyenne un pilier de l’évaluation des politiques publiques et de la résolution des problèmes locaux.
La réalisation de cette étude a mobilisé plusieurs institutions clés, dont l’Observatoire national de la société civile (ONSC) et le Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ), en plus de représentants du ministère de l’Intérieur. Ensemble, ces acteurs ont contribué à la conception d’une stratégie nationale de promotion de la démocratie participative, en mettant l’accent sur la création d’instances locales telles que les comités de ville et les conseils consultatifs.
L’objectif est clair : définir les modalités de fonctionnement et d’organisation de ces structures, conformément aux principes consacrés par la Constitution. Cette stratégie sectorielle vise à renforcer les mécanismes de participation citoyenne tout en garantissant leur efficacité et leur représentativité.
L’étude, fondée sur un questionnaire de 40 questions, a permis de recueillir les avis de 34 275 personnes réparties sur 56 wilayas. Les répondants incluent des citoyens, des élus locaux, des opérateurs économiques publics et privés, ainsi que des acteurs de la société civile. Les résultats sont sans appel : 67 % des participants âgés de 18 à 45 ans manifestent un intérêt marqué pour l’action participative, soulignant l’importance de cibler les jeunes dans les politiques publiques ; 64 % estiment que la performance des Assemblées populaires communales (APC) est directement liée à l’implication des citoyens et 60 % considèrent que la participation citoyenne améliore l’efficacité de la gestion des services publics. Ces données ont servi de base à l’élaboration d’un rapport détaillé, intégrant une série de recommandations pour renforcer la démocratie locale.
Le rapport issu de l’étude propose plusieurs pistes concrètes : intégrer les résultats dans l’élaboration des textes législatifs et réglementaires relatifs à la démocratie participative ; créer des instances participatives locales pérennes et représentatives ; renforcer le rôle des associations dans le développement économique et social des territoires et mettre en place une méthodologie unifiée pour le budget participatif. Cette dernière recommandation vise à permettre aux citoyens de contribuer directement à l’élaboration des budgets locaux, en identifiant les priorités et en suivant leur mise en œuvre. Elle s’inscrit dans une logique de transparence et de responsabilisation des acteurs publics.
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page