Contrebande de devises et d’or: Les peines confirmées et allégées en appel
L’affaire de contrebande de devises et de métal précieux, qui avait éclaté à l’aéroport international Ahmed Ben Bella d’Oran en août 2024, a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la Cour d’appel d’Oran. Six prévenus, dont trois femmes, ont comparu pour entrave à la législation des changes, mouvement illicite de capitaux et fuite de devises vers l’étranger. En première instance, les accusés avaient été condamnés à des peines allant de trois à quatre ans de prison ferme. En appel, la Cour a décidé d’alléger les sanctions pour une partie des mis en cause.
Les trois femmes arrêtées à l’aéroport ont vu leur condamnation réduite à deux ans de prison ferme chacune. Un quatrième accusé a écopé de deux ans de prison, dont une année avec sursis. Les autres prévenus ont vu leurs peines initiales maintenues.
Le parquet, de son côté, avait requis un alourdissement des peines contre l’ensemble des accusés. À noter qu’un mis en cause en fuite avait déjà été condamné par défaut à huit ans de prison ferme.
Les faits remontent à la nuit du 20 août 2024. La deuxième brigade de la police des frontières aériennes, sur la base d’informations précises, a interpellé trois femmes, issues de la même famille, à destination de la Turquie. Originaires de Sidi Bel Abbès et âgées de 25 à 40 ans, elles tentaient de transporter clandestinement des devises et de l’or.
Malgré un premier contrôle négatif, une radiographie réalisée à l’hôpital régional de la sûreté nationale a révélé la présence de corps étrangers dans leurs parties intimes. Les médecins ont extrait des masses cylindriques emballées de cellophane et de ruban adhésif contenant des billets en euros et des plaques rondes de métal jaune assimilées à de l’or. La première prévenue transportait 35 500 euros ainsi que 1,233 kg de métal jaune, en plus d’une somme déclarée de 5 700 euros.
La deuxième détenait 46 000 euros, 1,276 kg de métal jaune et avait déclaré 7 500 euros. La troisième avait dissimulé 30 000 euros, 731 g de métal jaune et déclaré 7 500 euros. Au total, l’opération a permis la saisie de plus de 111 500 euros et de plus de 3,2 kg de métal jaune.
Lors de leur audition, les trois « mules » ont reconnu avoir participé à ce trafic à la demande d’un certain H. Z, Algérien résidant en Turquie et impliqué dans le commerce de « cabas ». Selon elles, il leur avait confié la mission de transporter les devises et l’or en échange d’une rémunération. Elles ont également désigné d’autres complices, parmi lesquels des bijoutiers locaux.
Cependant, lors du procès, les coaccusés ont nié toute implication. La défense a insisté sur l’absence de preuves matérielles, citant notamment les relevés téléphoniques qui n’établissaient aucun contact entre les mis en cause avant ou pendant l’opération.
Zemmouri L.