Biodiversité marine en haute mer: L’Algérie signe l’accord à New York

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a signé samedi au siège des Nations unies l’« Accord relatif à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer concernant la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale » (BBNJ).
La cérémonie, qui s’est tenue en présence d’Elinor Hammarskjold, Secrétaire générale adjointe aux affaires légales et Conseillère juridique de l’ONU, marque une étape diplomatique importante pour l’Algérie, à l’entame de la participation de M. Attaf aux travaux du segment de haut niveau de la 79e Assemblée générale des Nations unies.
Adopté en juin 2023 après près de deux décennies de négociations, l’accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) complète la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Il porte sur la préservation et l’exploitation raisonnée de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, autrement dit en haute mer, qui couvrent près de la moitié de la surface de la planète.
Son objectif est double : d’une part, renforcer la protection des écosystèmes marins menacés par la surexploitation, la pollution et le changement climatique ; d’autre part, garantir que les ressources génétiques marines, susceptibles d’avoir des applications dans les domaines pharmaceutique, alimentaire ou énergétique, soient utilisées au bénéfice de l’ensemble de l’humanité et non accaparées par quelques puissances technologiques.
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères a souligné que la signature de ce texte illustre « l’engagement de l’Algérie en faveur d’un multilatéralisme solidaire et équitable », rappelant que le pays a toujours défendu, dans les enceintes internationales, le principe d’une gestion collective et juste des biens communs mondiaux.
En s’associant à ce nouvel instrument juridique, Alger réaffirme son attachement à la protection de l’environnement et des ressources naturelles, dans la continuité de ses positions sur le climat, la lutte contre la désertification et la préservation de la biodiversité terrestre et marine.
La haute mer concentre des enjeux économiques considérables. Pêche industrielle, exploitation minière des grands fonds et bioprospection génétique sont autant d’activités suscitant convoitises et inquiétudes. Sans règles contraignantes, les risques de pillage et de dégradation des écosystèmes sont élevés.
Pour de nombreux pays en développement, l’accord BBNJ constitue donc une avancée majeure. Il prévoit un mécanisme de partage juste et équitable des bénéfices issus de l’exploitation des ressources génétiques marines, ainsi qu’un transfert de technologies et des capacités scientifiques vers les États les moins avancés.
Selon plusieurs observateurs, l’implication des pays du Sud, dont l’Algérie, est essentielle pour donner à l’accord BBNJ sa légitimité universelle et éviter qu’il ne reste un instrument juridique dominé par les intérêts des grandes puissances maritimes.
T. Feriel
