Islamophobie, Ghaza, droit international… : Les messages de Tebboune à l’OCI

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé, samedi à Banjul (Gambie), à adopter une approche globale et cohérente pour contrer l’islamophobie, qui cible constamment et quasi-systématiquement les communautés musulmanes, et contrecarrer les tentatives de saper les fondements de la nation musulmane.
Dans une allocution prononcée en son nom par le Premier ministre, Nadir Larbaoui, lors du 15e Sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le président de la République a insisté sur « la nécessité d’adopter une approche globale et cohérente pour contrer l’islamophobie, qui cible constamment et quasi-systématiquement les communautés musulmanes, et contrecarrer les tentatives de saper les fondements de la nation musulmane sous de faux prétextes, qui prennent parfois pour couverture et justification fallacieuses la liberté d’opinion et d’expression ».
Le président de la République a, à ce propos, souligné « le rôle de l’Organisation de la coopération islamique et de ses Etats membres dans la consécration de l’engagement collectif à défendre les lieux saints de la Nation musulmane, à travers une action collective d’urgence par tous les mécanismes disponibles afin que notre Organisation puisse assumer sa responsabilité historique, juridique et morale », ce qui lui permettra de « contribuer au façonnement de l’ordre international, qui connaît des développements profonds et rapides, et de remédier ainsi à la marginalisation historique du groupe islamique », a-t-il dit.
Et d’ajouter : « l’engagement collectif des Etats musulmans à lutter contre l’extrémisme et le terrorisme et à bannir le discours de haine doit s’accompagner en contrepartie de la lutte contre le discours de haine et l’extrémisme ciblant les fondements de la nation musulmane, de manière à garantir la promotion des valeurs de coexistence et la culture d’ouverture et de tolérance consacrées dans la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée à l’initiative de l’Algérie ».
Le chef de l’Etat a également indiqué que l’Algérie continuera à porter les préoccupations de l’OCI et à défendre sa cause centrale au Conseil de sécurité. Il a aussi affirmé que « ce que subit le peuple palestinien, notamment dans la bande de Ghaza, par l’occupation israélienne, depuis plus de six mois, est une guerre de génocide ».
Il a ajouté que, « devant ces crimes », les organisations et institutions internationales « sont incapables, politiquement, d’appliquer les résolutions de la légalité internationale, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme, alors qu’elles se sont toujours prévalues de leur attachement à la paix et au dialogue des civilisations entre les nations ».
Défendre Al-Aqsa
« L’Humanité a perdu en Palestine toute once d’humanité et de civilisation », a-t-il soutenu, ajoutant qu' »il n’y a ni loi, ni principe, ni valeur, ni morale ». Ce qui se passe en Palestine constitue une atteinte à la légitimité du droit international.
Evoquant les souffrances du peuple palestinien, il s’est interrogé : « quand nous voyons, en Palestine, un occupant qui renie toutes les valeurs humaines et déshumanise et prive tout un peuple de son droit à l’existence, que reste-t-il des droits de l’homme ? ».
Pour faire face à cette situation, le président de la République a appelé à « œuvrer de concert au niveau international à soutenir la lutte du peuple palestinien pour obtenir ses droits légitimes à l’établissement de son Etat indépendant avec El-Qods comme capitale », insistant sur la nécessité d' »adopter une approche plus ferme pour amener la communauté internationale à assumer sa responsabilité dans la protection du peuple palestinien contre les actes criminels et barbares dont il est victime ».
Il a réitéré, à ce propos, « l’impératif de faire cesser immédiatement et de manière durable l’agression contre le peuple palestinien et de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Ghaza, à travers la mise en œuvre immédiate et de toute urgence des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment la résolution 2728, mais aussi de demander des comptes à l’occupation pour ses crimes ».
Il a réitéré, à ce propos, son appel à « la relance d’un processus politique visant à trouver une solution globale, juste et définitive à la cause palestinienne, tout en consolidant la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien et en œuvrant à son adhésion pleine et entière à l’ONU ».
S’adressant aux membres de l’OCI, le président de la République a dit : « notre responsabilité nous dicte de nous engager collectivement à défendre nos causes justes et à contrecarrer toutes tentatives de porter atteinte aux lieux saints de la Nation musulmane, à travers une action collective d’urgence par tous les mécanismes disponibles afin que notre Organisation puisse assumer sa responsabilité historique, juridique et morale dans la défense de nos lieux saints, en tête desquels la ville d’El-Qods, en proie quotidiennement à la judaïsation et au nettoyage ethnique, et la Mosquée Al-Aqsa, en proie à la profanation ».
