Surcharge, politique linguistique, logistique… : Les défis de la rentrée scolaire

Invité de la Chaîne I de la Radio nationale, le directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’Éducation nationale, Amhamed Deifallah, a souligné que cette rentrée « constitue un point de départ pour une année scolaire particulière », marquée par la mobilisation de tous les moyens matériels et humains afin d’assurer un démarrage dans de bonnes conditions.
Le responsable a rappelé que près de 12 millions d’élèves sont concernés cette année, répartis sur les trois paliers. Un chiffre « qui illustre l’ampleur du défi national », selon lui. Les préparatifs ont été engagés dès janvier 2025 et ont porté sur les aspects pédagogiques, organisationnels et logistiques.
Le pays compte désormais 30.158 établissements scolaires, dont 464 nouveaux. L’enseignement primaire concentre la plus grande part avec plus de 21.000 écoles, suivi du moyen avec 6.000 collèges et du secondaire avec 2.800 lycées, dont 60 de création récente.
Pour répondre aux besoins croissants, plus de 82.000 enseignants ont été intégrés lors de l’année écoulée. Le ministère a également eu recours, en ce début d’année, à des contrats temporaires afin de pallier les postes vacants, en attendant l’organisation d’un concours national prévu en décembre. Sur le plan pédagogique, certaines matières ont été allégées au primaire, notamment l’histoire et la géographie, au profit d’activités culturelles et sportives.
Le directeur a tenu à relativiser le phénomène de l’effectif élevé par classe, qu’il a qualifié de «partiel et circonstanciel », lié essentiellement au manque de foncier scolaire dans certaines régions. Des solutions alternatives, telles que les classes préfabriquées, les annexes ou le système de double vacation, ont été mises en place.
La politique linguistique, elle, repose sur un équilibre entre le français et l’anglais dès le primaire, avec un renforcement des compétences en langues au moyen et une diversification des spécialités au secondaire.
Sur le plan social, la bourse de scolarité de 5.000 dinars a été versée avant le 31 juillet, en application des instructions du président de la République. Par ailleurs, une vaste campagne de solidarité a permis de distribuer cartables et manuels scolaires aux familles démunies.
Le dispositif d’alimentation et de transport scolaires a également été renforcé : plus de 17.000 écoles primaires disposent de cantines, tandis que 3.000 collèges et 2.000 lycées offrent l’internat. Le transport scolaire est assuré par de nouveaux bus ou via des contrats de location.
G. Salima
