Hamza Hamdache : La nouvelle voix de l’humour en ligne

En quelques années, Hamza Hamdache est devenu une référence incontournable de l’humour algérien en ligne. Plus d’un million d’abonnés cumulés sur TikTok et Facebook, près de quinze millions de like sur la plateforme chinoise – un record pour un créateur oranais – et une popularité qui dépasse désormais les frontières. L’influenceur, connu pour ses sketches qui croquent avec malice le quotidien, a accepté de partager en exclusivité avec Algérie Presse les coulisses d’un parcours forgé à force de persévérance et d’autodérision.
Hamza n’a jamais douté de son potentiel comique. « J’ai toujours su que j’avais ce grain de folie qui fait rire, et je voulais que ma voix porte dans tout le monde arabe », raconte-t-il avec un sourire malicieux. Ses premières envies remontent à 2008, époque où les pionniers d’Internet en Algérie – Anes Tina, DZ Joker – faisaient figure de modèles. « J’étais prêt, mais chez nous, la connexion était un mythe. Internet n’a vraiment débarqué à la maison qu’en 2015. J’ai dû ronger mon frein avant de me lancer. »
Lorsqu’il arrive enfin en ligne, le terrain est déjà occupé. « Le web, ce n’était plus une autoroute vide, plutôt un embouteillage d’influenceurs. Pas facile de se faire une place. Mais j’ai su tracer ma route et laisser mon empreinte », lance-t-il, faussement modeste. L’arrivée de TikTok change la donne. « Au début, je snobais l’application. Je la prenais de haut… et c’est finalement elle qui m’a propulsé. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais ! »
Son inspiration, Hamza la puise partout : « dans mes propres galères, dans les histoires de mes amis, dans les travers de notre société. Tout ce que je mets en scène, je l’ai vécu ou observé. » Et il précise, taquin : « Mes idées sont 100 % maison. Pas question de recycler les blagues des autres ! »
La célébrité, elle, offre parfois des scènes cocasses. « Une fois à Delmonte, une fan a hurlé en plein arrêt de bus. J’ai cru qu’il y avait un incendie ! Non, c’était juste pour moi… ça vous réveille mieux qu’un café », raconte-t-il en riant.
Les critiques, en revanche, font partie du jeu. « Quand une vidéo dépasse les deux millions de vues, lire tous les commentaires devient mission impossible. Parfois, quand une publication ne décolle pas et que je tombe sur des remarques salées, il m’arrive de répondre. On a beau être influenceur, on n’est pas en béton armé. » Puis il ajoute, plus sérieux : « La différence entre un citoyen lambda et nous, c’est qu’on se prend des centaines de milliers d’opinions en pleine figure. À force, même l’humoriste le plus costaud finit par encaisser. »
Malgré ce succès éclatant, Hamza garde les pieds sur terre. « La notoriété n’a pas changé ma vie. Je traîne toujours avec les mêmes potes, je vis toujours la même routine. » Et ses projets ? Il esquisse un sourire mystérieux : « Je préfère laisser ça entre les mains de Dieu. Et puis, un peu de suspense, ça fait partie du spectacle. »
Avec son humour mordant et sa capacité à transformer les petits travers du quotidien en sketches universels, Hamza Hamdache illustre la vitalité de la nouvelle scène numérique algérienne.
O.A.Nadir
